Sable toxique de Sambreville : le PTB demande des analyses urgentes de l’impact sur la santé et l’environnement

Le PTB a pris connaissance ce matin des révélations des éditions de l'Avenir concernant un dépôt illégal de sable toxique à Sambreville. Le PTB exige que toutes les analyses soient immédiatement réalisées afin de mesurer les conséquences sur la santé des riverains et l’environnement.

Ce dossier met aussi gravement en cause des hauts fonctionnaires du SPW (Service Public de Wallonie), ainsi que le ministre de tutelle, Carlo Di Antonio (cdH). Toute la clarté sur les faits et les responsabilités doit être faite dans cette affaire.

Pour rappel, il s'agit de 35.000 tonnes de sables de fonderie provenant des fonderies Magotteaux (Vaux-sous-Chèvrement) entreposés depuis 2010 sans aucune protection ni permis, à quelques mètres seulement de la Sambre. Au moins une partie de ceux-ci sont contaminés au chrome VI, toxique et cancérigène.

La société Satea, filiale du groupe de construction Wanty, est en cause. Déjà en 2010, elle a été sommée par la DPC (Département de la Police et des Contrôles) d'évacuer ces sables contaminés. La société a été taxé de 500.000 euros pour dépôt illégal. Aujourd'hui, une partie de ces sables est toujours sur le site et l'amende n'a pas été payée ; le montant dû s'élève maintenant à 2,5 millions d'euros.

L'Avenir révèle le double jeu de deux hauts fonctionnaires wallons, MM. Delbeuck (ancien directeur général de la DG03) et Ghodsi (directeur de la politique des déchets), qui ont appuyé la société Wanty, torpillant leur propre administration.

Plus grave encore, interviewé par L'Avenir et confronté aux pièces en possession de la presse, le ministre Di Antonio reconnaît avoir demandé à son administration de « surseoir à la taxe ». Or, ceci est illégal, le décret du 6 mai 1999 confiant au seul receveur la compétence d'accorder des termes et des délais au recouvrement de taxes.

Le PTB s'inquiète d'abord des conséquences de cette affaire sur l’environnement et la santé publique, et se pose entre autres ces questions :

  1. Comment est-il possible que des déchets toxiques puissent rester durant plus de cinq ans sans aucune protection en bordure d'un cours d'eau, avec des graves dangers de pollution du sol, des eaux de surface (la Sambre) et pour les populations avoisinantes ?
  2. Des analyses du sol, des nappes phréatiques, des eaux et des sédiments de la Sambre ont-elles été effectuées et quels en ont été les résultats ?
  3. Quelles sont les conséquences potentielles sur la santé des riverains (surtout les habitants de Moignelée qui sont sous le vent) ?

Le PTB exige que toutes les analyses soient réalisées immédiatement afin de mesurer les conséquences sur la santé des riverains et l’environnement.

Ensuite, ce dossier met gravement en cause des hauts fonctionnaires du SPW (Service Public de Wallonie), ainsi que le ministre de tutelle. Les entraves de ces derniers dans le bon fonctionnement de l'administration wallonne sont inadmissibles. Le ministre a de plus posé un acte illégal en demandant de surseoir à la taxe. L'explication du ministre comme quoi « il est très souvent sollicité par des entreprises ou des privés lorsqu'ils n'arrivent pas à résoudre un problème avec l'administration » ne rassure pas du tout, bien au contraire. Pour le PTB, il ne peut en effet être question de transiger avec l'environnement ou la santé des Wallons, pour protéger des intérêts privés. 

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