Photo Solidaire, Oswaldo Palombo

« Seraing, je conteste ma facture »

Ce lundi 5 septembre, à l’appel du PTB de Seraing, quelque 350 habitants de la ville ont manifesté pour protester contre l’augmentation astronomique de la taxe sur les déchets décidée par la majorité communale. De très nombreux ménages ont ainsi vu leur facture doubler ou tripler, atteignant parfois plusieurs centaines d’euros.

En août dernier, la facture annuelle de la « taxe-poubelle » tombait dans la boîte des Sérésiens. Dans la population, c’était la stupéfaction : le montant avait très fortement augmenté, et même doublé ou triplé pour un tiers des ménages. En effet, la majorité au pouvoir (PS) à Seraing a imposé un nouveau règlement sur la facturation de la collecte des déchets. Les tarifs ont non seulement augmenté, mais des quotas sur le poids (à Seraing, les poubelles sont pesées) et le nombre de levées nécessaires ont également été instaurés : si un ménage dépasse un certain nombre de kilos de déchets et que son conteneur doit être vidé plus souvent, il faut payer une taxe supplémentaire. Et c’est cher, très cher. Cela a fait considérablement grimper la facture, qui s’élève souvent à plusieurs centaines d’euros par ménage. Plusieurs médias rapportent même des témoignages de gens totalement pris au dépourvu, comme une mère de famille qui doit payer plus de 1 000 euros.

Ce nouveau système de facturation affecte la majorité de la population : plus de 70 % des ménages dépassent les quotas sur le poids des déchets. Pour Damien Robert, chef de file du PTB local et conseiller communal à Seraing, « il est évident que ce système est totalement inadapté à la réalité des gens, puisque la grande majorité des Sérésiens doit payer un supplément à la taxe de base ». Pour le PTB Seraing, le système des quotas est d’ailleurs inapproprié à la ville. « D’abord, parce que plus de 10 000 logements sur les 27 000 que compte la commune sont des maisons sans cour ni jardin ou des appartements, explique Damien Robert. Ensuite, parce que le système des quotas est trop restrictif. Il est en effet souvent impossible de vivre de façon hygiénique en ayant seulement le droit de mettre son conteneur à la rue une fois toutes les quatre semaines. Cette limitation des levées est d’ailleurs incohérente et n’a rien à voir avec le tri : ce n’est pas parce que l’on sort sa poubelle plus souvent que l’on pollue plus. Cette limitation des levées n’a pour objectif que de faire payer plus le citoyen. »

Un système qui respecte le portefeuille et l’environnement

Face à la tempête de protestations, la majorité en place a proposé « une réduction de 20 % sur le coût des levées supplémentaires, mais à une condition : suivre une formation au tri ». « Cette proposition n’est pas un compromis raisonnable, observe Damien Robert. En présentant le problème de cette façon, la majorité tente de noyer le poisson. La première chose qu’il faut constater si on veut aborder le problème honnêtement, c’est que 70 % des ménages dépassent les quotas. Et que la majorité a augmenté le coût sur les levées de 150 % et le coût pour les kilos supplémentaires de 200 %. Et elle voudrait nous vendre une diminution de 20 % sur les levées ? Les Serésiens ne sont pas des pigeons. Non, la solution, c’est un système adapté pour tous, qui respecte à la fois le bien-être et le portefeuille des Sérésiens ainsi que l’environnement. »

C’est pourquoi le PTB a organisé le groupe d’action « Seraing, je conteste ma facture » et la manifestation du 5 septembre pour réclamer le droit à une ville propre, la révision des factures, l’application des anciens tarifs et la suppression des quotas sur les levées.

Cette manifestation n’était qu’une première étape avant le conseil communal du 12 septembre, où le PTB appelle aussi les citoyens à se mobiliser et où il compte bien faire entendre leur voix.