Photo Solidaire, Salim Hellalet

SNCB : « Un large réinvestissement public est nécessaire pour éviter la privatisation, à l'opposé du scénario Galant-Cornu »

« Le gouvernement met tous les ingrédients en place à la SNCB pour un scénario Sabena bis », dénonce Michaël Verbauwhede, spécialiste services publics du PTB. « La ministre Galant et Jo Cornu menacent de privatiser l’entreprise si les restrictions ne sont pas appliquées ? Mais toutes les mesures qu'ils proposent préparent la privatisation qui est dans les gènes du gouvernement Michel-De Wever ».

Plus de 2 milliards d’euros d’économies vont être réalisées sur les moyens de la SNCB. Marco Van Hees, député fédéral : « La ministre Galant prétend réduire les émissions de CO2 et la congestion routière, améliorer la ponctualité des trains, leur propreté, la sécurité ferroviaire, réduire la dette de la SNCB et tout cela en réduisant la dotation de l’État de centaines de millions d'euros. Quand je l'ai interpellé ce mercredi en Commission, sa réponse a été surréaliste. Pour elle, les économies imposées à la SNCB sont une… opportunité pour l'entreprise, afin de développer son efficience, pour la moderniser. Si on ne réagit pas, ajoute-t-elle, la SNCB suivra le sort de la Sabena. Mais c'est la ministre Galant qui met précisément en place tous les ingrédients d'un scénario Sabena. »

« Le gouvernement réduit les budgets de la SNCB, s’attaque frontalement au statut des cheminots, réduit l’offre de transport en se concentrant sur les lignes rentables. Il affirme aussi vouloir réduire la dette de la SNCB, sans rappeler qu’elle est justement le résultat d’une politique de désinvestissement public et de la privatisation d’ABX (ex-entreprise de livraison de colis de la SNCB). Le constat est sans appel : le gouvernement entend laisser pourrir la SNCB, pour qu’elle puisse plus facilement tomber comme un fruit mûr dans les mains du privé. Le chemin est identique à celui suivi par les gouvernements précédents avec la Poste ou Belgacom par exemple », dénonce Michael Verbauwhede, spécialiste services publics du PTB.

L'accord de gouvernement prépare la libéralisation du rail ainsi que la privatisation de la SNCB. La libéralisation du transport ferroviaire est inscrite dans l’accord de gouvernement. Et tout est prévu pour y rajouter la privatisation de l’entreprise publique ferroviaire. Par exemple, le gouvernement souhaite diminuer la redevance infrastructure payée par la SNCB à Infrabel. Cette décision apparemment anodine permet à des entreprises ferroviaires de transport de passagers d’exploiter les infrastructures à moindre coût au détriment des caisses d’Infrabel (qui resterait publique). Tout profit pour ces entreprises privées dont éventuellement une future SNCB privée.

« Des services publics performants sont pourtant un outil crucial pour réduire les émissions de CO². En défendant le statut public de la SNCB et un réinvestissement public du secteur, les cheminots sont en réalité également des activistes du climat, comme l'a dit Naomi Klein », continue Michael Verbauwhede.

Car il existe une opportunité pour augmenter la fréquentation des transports en commun, d’améliorer la ponctualité des trains, et d’éviter un scénario de la Sabena : c’est de réinvestir publiquement dans la SNCB. « Le PTB soutient une action commune du personnel du rail et des voyageurs pour défendre ensemble une meilleure mobilité et davantage d’investissements dans les chemins de fer. Si nous voulons réaliser un changement dans les modes de transport, la clé, c’est les transports publics. C’est dans cette clé qu’il faut investir, cette clé qui est également cruciale pour un changement écologique. C’est l’un des points centraux de notre alternative, le Plan Cactus. Nous proposons d’investir un milliard pour développer les services publics de transports en commun. Un virage à 180° par rapport aux plans du gouvernement. », conclut Michael Verbauwhede.

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