Le 7 juillet dernier, des milliers de citoyens ont manifesté à Bruxelles contre l’arrivée de Trump et le Sommet de l’Otan. Le PTB a marché derrière une bannière « Pas d’argent pour la guerre ». (Photo Solidaire, Dieter Bonne)

Sommet de l’Otan : un pas en avant pour les va-t-en-guerre et des bénefs en vue pour les multinationales de la guerre

Donald Trump a obtenu ce qu’il voulait au Sommet de l’OTAN : les alliés européens de l’Otan vont augmenter leurs dépenses militaires plus vite et plus que prévu. Les dirigeants européens peuvent bien faire semblant d’être insensibles aux pressions du président des États-Unis, les faits sont là : ils ont bel et bien réaffirmé leur loyauté envers l’Otan et les États-Unis. Pour le PTB, il faut clairement refuser cette voie et œuvrer à une politique de paix.

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Mercredi et jeudi 11 et 12 juillet, un sommet de l’Otan, l’alliance militaire sous domination des États-Unis, s’est tenu au tout nouveau siège de l’organisation, à Bruxelles. C’est le deuxième sommet auquel Donald Trump a participé. Tous les yeux étaient braqués sur lui. Il y a quelques mois, lors du sommet du G8, il s’était encore montré très cassant avec ses alliés européens. L’alliance transatlantique entre les États-Unis et l’Europe semble donc moins évidente ces derniers temps. Les États-Unis ont ouvert les hostilités en matière commerciale avec l’Europe, et son retrait unilatéral de l’accord nucléaire avec l’Iran a aggravé les tensions avec ses partenaires. Il s’agissait donc de voir ce que Trump allait proclamer au Sommet de l’Otan.

Dans son style typique, il a donné le ton du sommet, avant même qu’il ne commence, en attaquant l’Allemagne pour avoir récemment conclu un accord énergétique avec la Russie tout en imposant des droits de douane à l’importation sur les produits américains et en ne respectant pas ses engagements en matière de contributions financières à l’Otan.

Pourtant, Trump a quitté le sommet en affichant une très bonne humeur. « Ce furent deux journées fantastiques, parfois difficiles, mais à la fin, tout s’est bien terminé », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse improvisée.

Qu’est-ce qui a été décidé lors de ce sommet de l’Otan ?

Il s’avère que Trump, président des riches, a effectivement quelque chose à célébrer. Suite à ce sommet, les multinationales américaines de la guerre ont encore une fois beaucoup de contrats d’approvisionnement militaire lucratifs en perspective. L’accord le plus important de ce sommet est la promesse faite par ses alliés d’augmenter leurs dépenses militaires plus rapidement et même plus que prévu.

Alors que le Secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a annoncé avant le sommet que les États membres de l’Otan augmenteraient leurs dépenses de 266 milliards de dollars d’ici 2024, Trump a exigé des efforts supplémentaires. Au lieu de dépenser 2 % du PIB en armement, il a même demandé à un moment donné qu’ils soient portés à 4 %. Suite à ses pressions, l’engagment a été pris par les autres pays de dépenser au moins 33 milliards de dollars pour la défense à court terme. Chose dont le président étasunien était très satisfait.

Ces montants sont immenses, alors que les armées de l’Otan ont déjà un budget total d’environ 1 000 milliards de dollars. Avec un quart de ce montant, on pourrait déjà éradiquer la faim dans le monde…

Concrètement, la réalisation de l’objectif de 2 % signifie pour la Belgique de dépenser cinq milliards d’euros supplémentaires par an pour la Défense. C’est dans cette optique que notre gouvernement veut absolument acheter de nouveaux avions de combat pour 15 milliards d’euros.

Trump a également envoyé un message clair au gouvernement belge concernant le choix des avions de chasse à acheter. Le président américain ne cache pas qu’il a défendu les intérêts de l’industrie américaine de l’armement avec ses demandes d’augmentation des dépenses. Lors d’une conférence de presse, il a dit explicitement qu’il s’attendait à ce que ses alliés achètent du matériel américain (parce que c’était « le meilleur » matériel). Le F-35 de Lockheed Martin, l’avion de combat le plus cher et le plus avancé jamais construit, n’est pas par hasard le chouchou du ministre de la Défense Steven Vandeput (N-VA).

« L’OTAN est plus forte que jamais »

Autre réalisation des plus importantes du sommet, c’est que l’alliance guerrière qu’est l’Otan en sorte renforcée. Les dirigeants européens peuvent bien prétendre être insensibles aux menaces et coups de gueule de Trump, il n’en reste pas moins qu’en fin de compte, ce sommet a permis aux États européens de réaffirmer leur loyauté envers l’Otan et les États-Unis. « Depuis l’ère Reagan jusqu’à Obama, les États européens venaient aux sommets de l’Otan, et les présidents étasuniens ont tous dit qu’ils devaient faire tout leur possible pour contribuer, mais rien n’a changé. Mais, cette fois, tout le monde était d’accord. L’Otan est plus forte que jamais », s’est félicité Trump.

Trump continue sur la voie de la militarisation, suivi par ses alliés européens. Cela s’inscrit dans la volonté des pays de l’Otan de s’armer dans un monde en crise, dans lequel ils sont de plus en plus contestés économiquement par les grandes puissances émergentes, comme la Chine ou la Russie. « Nous voulons la paix. La paix dans le monde entier. Et je crois vraiment qu’en fin de compte, nous parviendrons à la paix par la force », a déclaré Donald Trump en conclusion. Bien qu’il y ait quelques tensions entre eux, les alliés de l’Otan ont aujourd’hui réaffirmé leur accord sur ce point : ils seront prêts à utiliser la force pour maintenir leur domination au niveau mondial.

Une politique de paix axée sur les besoins sociaux et environnementaux

Le PTB est convaincu que, plus que jamais, nous devons refuser de suivre Trump et l’Otan sur leur sentier de guerre. Le 7 juillet dernier, des milliers de citoyens ont manifesté à Bruxelles contre l’arrivée de Trump et le Sommet de l’Otan. Le PTB a marché derrière une bannière « Pas d’argent pour la guerre » : ce n’est que par la mobilisation d’en bas que nous pourrons exiger de nos gouvernements qu’ils investissent tous ces milliards dans des pensions décentes, une protection sociale pour tous ou encore une politique d’asile humaine. Nous pensons que nous pouvons œuvrer en faveur d’une politique de paix axée sur les besoins sociaux et environnementaux.

Cependant, il est impossible de mener une politique de paix active dans le cadre de l’Otan. Nous appelons donc la Belgique à se retirer de cette alliance de guerre. Le sommet de cette semaine a réaffirmé que seuls les semeurs de guerre et les multinationales de guerre ont à y gagner. Pour le reste de la population mondiale, il n’y a aucune raison de se réjouir et toutes les raisons de se mobiliser.