Tout le monde est-il égal devant la loi (sur les pensions) ?

Le lundi 16 janvier, le Parlement flamand annonçait un accord sur la pension des parlementaires. Pour tous les parlementaires élus pour la première fois en 2019, l’âge de la pension sera progressivement relevé à 67 ans et la durée de la carrière à 45 ans.

« Pour nous, les simples travailleurs, le report de l’âge de la pension à 67 ans a été décidé en deux mois, constate Peter Mertens, le président du PTB. Pour les parlementaires, la discussion dure depuis plus de deux ans. Maintenant, les choses commencent enfin à bouger. Grâce aux révélations du PTB et à la pression d’en bas. Nous remettons en question les privilèges des politiciens parce que les gens ne supportent plus cette politique de deux poids deux mesures. Qu’il s’agisse de l’âge de la pension, des salaires ou de l’assurance-maladie, il est inacceptable que les politiciens professionnels s’octroient d’autres règles que celles qui valent pour toute la société. Tout le monde doit être égal devant la loi, y compris les parlementaires. Pas de privilèges. C’est ça, l’enjeu de ce débat. »

En 2015, le PTB avait révélé le fait que deux tiers des parlementaires pouvaient prendre leur pension à 55 ans. « Le ministre des Pensions Daniel Bacquelaine peut lui-même prendre sa pension à 52 ans, tout comme le ministre de l’Emploi Kris Peeters », avait alors informé le PTB. Et ces ministres peuvent en plus toucher une pension de 4 250 euros nets par mois.

Suite à cela, les partis au gouvernement avaient promis qu’ils se pencheraient sur la question. Un an plus tard, toutefois, il n’y avait toujours rien de neuf, et le PTB tirait à nouveau la sonnette d’alarme. Notre vidéo à ce sujet a été visionnée plus d’un million de fois (voir http://bit.ly/2iCGt6c). L’étude du PTB a été partagée des milliers de fois sur les réseaux sociaux.

Sous cette pression, les parlementaires ont promis de mettre fin à leurs privilèges. Ils ne sont toutefois pas montrés pressés de s’atteler à cette réforme. « Lorsqu’il s’agit de leurs propres droits, il faut apparemment bien plus de tergiversations que lorsqu’il s’agit des droits de pension de millions d’ouvriers et d’employés », constate Peter Mertens.

Lundi 16 janvier, on a appris que le Parlement flamand était arrivé à un accord. Pour tous les parlementaires élus pour la première fois en 2019, l’âge de la pension sera progressivement relevé à 67 ans et la durée de la carrière à 45 ans. Voilà pour ce qui est de l’égalisation des droits. L'accord du Parlement flamand sera soumis aux autres parlements pour le 15 février.

Le texte de l’accord… n’est pas rendu public

Toutefois, un certain nombre de mesures de transition ont par ailleurs été ajoutées. C’est ce qu’on peut lire dans la presse. Le texte de l’accord a été demandé par le PTB, en vain, ce texte n’étant pas rendu public. D’après les déclarations lues dans la presse, les parlementaires pourront toujours prendre les droits de pension qu’ils ont constitués jusqu’en 2019 de manière anticipée à l’âge de 62 ans. Les parlementaires qui arrêtent en 2019 conserveront leurs droits à la pension anticipée. Le Premier ministre Michel, le ministre Jambon ou Bart De Wever pourront toujours arrêter à l’âge de 60 ans avec une pension nette d’environ 3 000 euros. Tous les parlementaires qui sont à moins de 5 ans de leur pension, comme le ministre des Pensions Daniel Bacquelaine, pourront aussi arrêter à l’âge de 60 ans.

« Ce sont toutes des mesures qui ne valent pas pour les millions d’ouvriers et d’employés de notre pays, observe Peter Mertens. La loi (sur les pensions) n’est donc toujours pas la même pour tous les citoyens. Nous demandons que l’accord soit rendu public le plus vite possible, afin que le contrôle et le débat démocratiques puissent être exercés. »