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« Troisième lundi de grève réussi : de bon augure pour la grève générale du 15 décembre »

« Après les 120 000 du 6 novembre, ce troisième lundi de grève est l’expression démocratique d’un mouvement d’opposition profond, national et  interprofessionnel contre le gouvernement Michel - De Wever. Ce mouvement prend de l’ampleur au fur à mesure des semaines et s’enracine dans de plus en plus de couches de la société. Aujourd’hui, le centre du pays est quasiment paralysé et la détermination est bien présente pour gagner le bras de fer contre le gouvernement », commentait ce matin Peter Mertens, le président du PTB, en visite aux piquets de grève à l’aéroport national, à la RTBF -VRT, à la SNCB et à Audi. 

La grève a paralysé tous les transports publics du centre du pays, à la SNCB, à la STIB, aux TEC et à de Lijn. Les activités à l’aéroport national de Zaventem sont fortement réduites, avec Brucargo complètement à l’arrêt. Les grandes entreprises sont également à l’arrêt, d’Audi à GSK, d’AB Inbev à Heytens, mais aussi beaucoup de moyennes et petites entreprises, souvent pour la première fois depuis vingt ou trente ans.

La RTBF et la VRT sont aussi en grève avec des programmes minimum. Les accès principaux à Bruxelles sont « filtrés » : la circulation au centre de Bruxelles ressemble ce matin à celle d’un dimanche. La ville de Nivelles était largement bloquée et celle du Premier ministre, Wavre, n’a jamais reçu la visite d’autant de manifestants.

Dans les deux Brabants et à Bruxelles, de nombreux grands magasins, écoles, administrations communales et régionales, banques, et même des homes et des hôpitaux sont en grève. Et, chose rare, même quelques grands hôtels du centre-ville de Bruxelles comme l’Amigo et le Métropole. La rue Neuve à Bruxelles est quasiment déserte. Et les entreprises qui ne sont pas encore en grève assurent qu’elles le seront le 15 décembre.

« Ces lundis de grève sont des répétitions générales réussies avant la “Première”, la grève qui sera certainement la plus générale et la plus suivie depuis trente ans au niveau national », assure Peter Mertens.

L’ampleur du mouvement se manifeste aussi dans le soutien du monde associatif, des étudiants, du secteur culturel, de travailleurs sans-papiers et même de certains commerçants. La plateforme citoyenne Hart boven Hard, qui regroupe plus de 1 000 associations contre l’austérité imposée par le gouvernement flamand, a organisé des tournées de piquets à vélo à Bruxelles et Louvain. Toutes les grandes universités du centre du pays, l’ULB, la KUL, l’UCL et la VUB, ont été touchées par la grève, souvent avec le soutien de groupes d’étudiants. Et certains commerçants bruxellois ont même témoigné leur soutien par une affiche “Je soutiens le pouvoir d’achat, je soutiens la grève”. »

84 % de la population pour un impôt sur la fortune : soutien populaire à une demande majeure des grévistes

Les demandes des grévistes font écho partout : « Partout, nous entendons que les gens ne veulent ni d’une hausse de l’âge légal à le pension à 67 ans ni de l’allongement des fins de carrière. “Partir plus tard à la pension, c’est fermer la porte des jeunes”, entend-on souvent. Mais ni le saut d’index, ni le démantèlement des services publics, ni beaucoup d’autres lignes de la déclaration de Michel - DeWever ne passent auprès des travailleurs », ajoute Peter Mertens.

« Selon un sondage, ce matin, 84 % de la population est pour un impôt sur la fortune, ce qui montre le soutien à une demande majeure des grévistes : une taxe des millionnaires, poursuit Peter Mertens. Et ceci aussi parmi les électeurs de la N-VA et des libéraux, ce qui montre la perte de légitimité politique de ce gouvernement qui refuse d’envisager une quelconque taxation sérieuse du capital. »

Oui, faire la grève est une forme de démocratie

Le président du PTB s’oppose aux attaques répétées sur les « grèves politiques » du Premier ministre de l’ombre De Wever et aux projets de limiter le droit de grève – comme le nouveau projet du MR sur « le droit au travail » :  « Il est remarquable qu’un gouvernement qui détruit l’emploi public, poursuit les chômeurs et mène une politique qui va plonger notre pays encore plus dans la récession, découvre et défende le jour des grèves le “droit au travail”. La réalité, c’est que les grévistes exercent leur droit de grève pour défendre le droit au travail pour tous, et tous les jours. La réalité, c’est que les grévistes doivent résister à la pression croissante des patrons qui veulent les empêcher de faire grève. Oui, faire la grève est une forme de démocratie. Si, pour le monde du travail cela ne va plus, il doit, aussi entre deux élections, avoir la possibilité de faire entendre sa voix et faire changer les choses. »

Peter Mertens conclut : « Ce gouvernement a un sérieux problème avec la démocratie et ne veut visiblement pas entendre la population qui s’est manifestée depuis un mois de manière répétée dans tous les coins du pays. Le forcing pour faire passer les mesures antisociales pendant les vacances de Noël avec des lois-programmes ne va pas arrêter la dynamique du mouvement, pas avant que le gouvernement retire ses mesures et veuille enfin écouter les aspirations de la collectivité.

Si le gouvernement veut jouer durement, il ne restera que deux choix. Ou bien le mouvement va dissoudre la politique gouvernementale et la pression deviendra tellement forte qu’un nouveau cours politique sera pris. Ou bien le gouvernement dissout la collectivité et la colonne vertébrale des syndicats et ils réduisent au silence tout courant social et écologique venu d’en bas. Le gouvernement optera alors pour une tout autre société, une version thatchérienne sans participation et avec une polarisation entre riches et pauvres. L’enjeu est grand. Espérons que la  première option l’emporte. »

Plus de 320 piquets visités aujourd’hui par le PTB, plus de 1 200 en trois lundis

« Avec le PTB, nous nous engageons dans ce sens. Plus de 270 de nos membres ont rendu visite à plus de 320 piquets à Bruxelles et dans les deux Brabants. En trois lundis, nous avons rendu visite à plus de 1 200 piquets. Partout, l’accueil a été très chaleureux. L’intérêt pour notre alternative qui choisit l’investissement public et pas l’austérité, l’imposition d’une minorité de nantis plutôt que les charges sur l’immense majorité grandit », déclare Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB et député fédéral, qui était en visite ce matin aux piquets de Bruxelles et est présent cet après-midi à Wavre. Il précise : « Nous continuons notre tournée de mobilisation dans le pays : Peter Mertens, le député fédéral Marco Van Hees et moi-même prendrons la parole, dans les jours qui viennent lors de nos soirées du PTB aux côtés de voix importantes de la résistance sociale : des syndicalistes, des personnalités du monde culturel ou du milieu associatif. »

Pour cette tournée, Peter Mertens sera présent cette semaine à Malines (9/12) et à Roulers (12/12) ; Raoul Hedebouw à Charleroi (11/12) et à Liège (12/12) ; Marco Van Hees à Namur (10/12).

 

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