Photo Solidaire

Un monde de différence

David Pestieau

Rouge = brun ? « Au contraire. Les communistes ont été les moteurs de la résistance au nazisme et des résistants se retrouvent sur les listes du PTB », selon l’AFF (le Front antifasciste d’Anvers). (Photo Solidaire)

« Pour moi, il n’y a pas de différence entre le PTB et le Vlaams Belang (VB). Peter Mertens est juste un peu plus commode que Filip Dewinter », a déclaré ce week-end Noël Slangen, l’homme derrière la communication du Vld, au journal De Standaard. Reprenant littéralement ce que dit depuis des semaines Bart De Wever. La droite du Nord du pays est visiblement dérangée par l’émergence du PTB comme une force populaire de gauche portant un projet de société à l’opposé de l’extrémisme du libre marché. Elle ne supporte particulièrement pas que le PTB participe à la gestion du district anversois de Borgerhout avec Groen et le sp.a.

Beaucoup de démocrates – loin d’être devenus des marxistes – sont, eux, heureux de la bouffée d’oxygène apportée par le PTB à la politique : « Le PTB représente une voix classique de gauche dans le débat politique. Il y apporte une contribution précieuse. Nous devons nous en réjouir », a ainsi déclaré au site apache.be Tom Naegels, auteur et ombudsman du Standaard.

Mais une certaine droite répugne à un tel débat de fond. Elle ne veut pas qu’on puisse remettre en cause son projet politique nationaliste et/ou libéral. Drôles de démocrates ! Ils préfèrent diaboliser le PTB en ressortant le vieux cliché : marxisme = fascisme.

Rouge = brun, le cliché a été pour la première fois employé après la dernière guerre mondiale par... les fascistes eux-mêmes, en quête de réhabilitation lors de la Guerre froide. Filip Dewinter n’a pas dit autre chose à la réception de nouvel an du VB : « Cela ne peut pas être un hasard qu’il n’y a que quelques lettres de différences entre le PVDA (le nom du PTB en Flandre, NdlR) et le NSDAP (le parti d’Hitler). »

« Nous n’avons jamais vu le PTB s’amouracher du NSDAP d’Adolf Hitler. Au contraire. Les communistes ont été les moteurs de la résistance au nazisme, et des résistants se retrouvent d’ailleurs sur les listes du PTB », a répondu l’AFF (le Front antifasciste d’Anvers). En revanche, on a pu lire dans le mensuel du Vlaams Belang la proposition de donner à  section propagande une dénomination dont les initiales étaient... NSDAP. »1

Le célèbre écrivain allemand Thomas Mann l’écrivait déjà : « Mettre sur pied d’égalité le marxisme avec le nazisme/fascisme est dans le meilleur des cas un signe de superficialité, dans le pire, elle prépare la voie vers le fascisme. »

Car si cet amalgame sert non seulement à criminaliser les communistes, il vise aussi à banaliser un parti d’extrême droite. Gerolf Annemans, le nouveau président du VB, y voit la possibilité d’une « deuxième chance » pour « normaliser » son parti2.Le célèbre écrivain allemand Thomas Mann l’écrivait déjà :

« Mettre sur pied d’égalité le marxisme avec le nazisme/fascisme est dans le meilleur des cas un signe de superficialité, dans le pire, elle prépare la voie vers le fascisme. »

La N-VA, qui ne veut pas (encore) gouverner avec le VB pour continuer à siphonner son électorat, devient de plus en plus perméable à ses idées et accueillent une flopée de ses ex-responsables. Et certains des ministres de notre gouvernement sont félicités par Filip Dewinter, via un tweet du 21 janvier : « Enfin ! Maggie De Block (Vld) va retirer les papiers des immigrés criminels. Encore un point du programme en 70 points3 réalisé ? » S’il y a un danger mortel pour la démocratie dans notre pays, il vient de là. No pasaran !

1. De pokerface van Vlaams Belang, 13 janvier 2013, aff.skynetblogs.be • 2. Nieuwsblad, 3 janvier et Gazet van Antwerpen, 12 janvier • 3. Le programme raciste du VB édité en 1992 et qui avait valu au VB d’être condamné en 2004 pour racisme par la Cour d’appel de Gand

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