Photo Solidaire, Riet Dhont

Une nouvelle catastrophe en Méditerranée : on craint plus de 200 morts

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Riet Dhont

Ce mercredi 5 août, on annonce une nouvelle catastrophe dans la mer libyenne : un bateau transportant des centaines de migrants a fait naufrage. Plus de 200 personnes sont portées disparues. Autrement dit, se sont noyées. Riet Dhont, revenant tout juste d'une mission de solidarité du PTB auprès des migrants de Calais, témoigne.

Mercredi 5 août. 15 h. Calais.

Moussa Houmed, 17 ans, originaire d’Érythrée, est enterré au cimetière de Calais. Il est mort électrocuté dans le tunnel de transit vers l’Angleterre. Il repose à côté d’Abudlmajid Bash, soudanais, 44 ans, et de Chahid Sambali, un bébé de quelques mois. La mère de ce bébé a également tenté de franchir le mur qui entoure l’Europe, au tunnel de l’Eurostar. Elle avait son bébé avec elle... Au moment de sauter, elle a laissé tomber l’enfant, qui en est mort. Plus de 10 morts en un mois, tout près de chez nous, arrêtés par un mur de 28 km de long, la frontière vers l’Angleterre.

Pendant l’enterrement de Moussa, nous apprenons qu’un bateau de pêche surchargé, parti de Libye pour l’Italie, a de nouveau fait naufrage. Plus de 200 personnes sont portées disparues. Autrement dit, se sont noyées.

Pour eux tous, l’Europe, c’est l’avenir. Mais l’Europe ne veut pas de leur présence.

Ils viennent de pays en guerre, comme la Syrie, le Soudan, la Somalie ou le Mali. Ils viennent de pays comme l’Érythrée, l’Éthiopie, où ce sont surtout les jeunes qui s’en vont en quête de droits de l’homme. Ils viennent de pays connaissant d’énormes problèmes de pauvreté, suite au changement climatique, comme le Sénégal... Tous sont généralement très jeunes, des jeunes à partir de 16 ans qui tentent la traversée avec des amis, après une expédition effrayante dans le désert.

Pour eux tous, l’Europe, c’est l’avenir. Mais l’Europe ne veut pas de leur présence. L’Europe met tout en œuvre pour déjà les retenir avant même qu’ils n’aient atteint ses portes, comme en Libye. Ces pourquoi ces réfugiés doivent opter pour des voies de plus en plus dangereuses, pays des trafiquants d’hommes, sans même être assurés d’y entrer, dans cette Europe. C’est ainsi que la Méditerranée se mue en une vaste fosse commune où, rien que cette année, 2 000 personnes se sont déjà noyées.

Dans le même temps, l’Europe construit des murs en Hongrie, en Bulgarie, en France... En outre, les pays européens promulguent chaque jour de nouvelles lois destinées à empêcher l’entrée des immigrés : sélection des vrais réfugiés pour les distinguer des faux, budgets prévus pour le renvoi et non plus pour l’accueil... Tout cela entraîne des morts chaque jour, en mer, à Calais, demain, ici même aussi, dans la rue, dans les parcs...

Car les réfugiés du Sud continuent à affluer et le feront toujours, vu l’inégalité économique qui ne cesse de croître dans le monde, l’extension des guerres, le changement climatique, une mondialisation s’appuyant sur l’injustice et sur l’exploitation extrême des humains. De tout cela, c’est l’Occident qui est responsable. Du fait, précisément, qu’il anéantit littéralement les économies du Sud. En outre, jamais auparavant il n’y a eu tant de guerres, tant d’armes dans les régions d’où continuent d’affluer les gens, surtout après les interventions occidentales en Libye. 

Selon le PTB, de nouvelles places d’accueil doivent à nouveau être créées en Belgique, dans des quantités cohérentes avec l’ampleur du problème. Le gouvernement belge doit tout mettre en œuvre afin que l’Europe mette sur pied des corridors humanitaires, donnant la possibilité aux réfugiés de faire une demande d’asile en toute sécurité. Fermer toujours plus les frontières oblige ces personnes à utiliser des routes dangereuses, où nombre d’entre elles perdent la vie bien avant de pouvoir faire une quelconque demande d’asile.

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