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Une vidéo d'Ahed Tamimi illustre la réalité des détenus palestiniens

Début de ce mois, la famille d'Ahed Tamimi a diffusé la vidéo d'un interrogatoire de la jeune fille par deux agents israéliens. Les images datent du 26 décembre dernier, soit une semaine après l'arrestation de l'adolescente.

Ahed refuse sciemment de répondre aux questions des agents : « Je choisis d’utiliser mon droit au silence », ne cesse-t-elle de répéter. Les agents lui crient dessus, lui adressent des remarques tendancieuses sur son physique, lui montrent des vidéos des membres de sa famille. Ils la menacent par ce biais d'arrêter ses proches si elle s'obstine à se taire.

La séance d'interrogatoire en question a duré deux heures. Les jours précédents, l’adolescente était restée en permanence dans une cellule sans chauffage. Sa famille a expliqué qu'elle avait déjà été interrogée à maintes reprises à l'issue de 40 heures de privation de sommeil.

Intimidations verbales et psychiques

Ces techniques d'interrogatoire n'ont rien d'une exception, elles sont sciemment appliquées par le régime israélien lors de chaque interrogatoire de prisonniers palestiniens. Les avocats de la famille d’Ahed ont décidé de diffuser les images concernées dans le but de prouver comment Israël interroge et traite les mineurs d'âge palestiniens. Ils ont également déposé plainte en raison des intimidations verbales et psychiques, de même que de l’agression subie par Ahed. 

Les images ont fait le tour du monde, et la vérité a une nouvelle fois éclaté. Ces vidéos démontrent comment fonctionne réellement le régime d'occupation d'Israël, numéro un sur le plan des violations des droits de l'homme, ce que   la Commission des droits de l'homme de l'ONU avait déjà révélé officiellement l’an dernier. L'affaire Ahed Tamimi confirme malheureusement cette réalité. 

Symbole de la nouvelle résistance

La force avec laquelle Ahed encaisse toutes ces intimidations est digne d'admiration. Elle défie l'occupant en maîtrisant ses émotions. Mais n'oublions pas qu'il s'agit d'une adolescente et que sa famille est menacée vu qu’elle persiste à refuser de collaborer. Soyons également conscients du fait   qu'il s'agit d'une jeune fille que des hommes cherchent à intimider, à mettre mal à l’aise à partir d'une position de force des plus agressives. On lui pose des questions sur la couleur de sa peau, on lui demande si elle devient rouge lorsqu'elle prend des bains de soleil, on lui parle de ses yeux magnifiques. Des intimidations verbales, psychiques et sexuelles à l'encontre d'une mineure de 16 ans à peine.

Entre-temps, Israël a déclenché une répression intensive dans le village de la jeune fille, Nabi Saleh. Aux protestations des villageois - sans armes - contre le vol des terres et l'occupation, Israël répond par des balles et des gaz lacrymogènes. Jour après jour, les militaires font irruption dans le village et arrêtent des habitants, y compris des enfants.

Ahed est devenue le symbole de la nouvelle résistance palestinienne. Le régime israélien ne peut rien y changer. En Palestine, on a composé une très belle chanson en l'honneur de la jeune fille : « Tu gardes la tête droite et tu nous donnes du courage. Tu as allumé la lumière dans nos ténèbres. Malgré la douceur de tes mains, celles-ci ont secoué en tous sens le monde entier. Tes mains ont rendu les coups à l'occupant et ont apporté de la dignité à notre nation. »

Voici quelques mois, le PTB a lancé une campagne de solidarité en faveur d'Ahed et des plus de trois-cents mineurs d'âge détenus par Israël. De très nombreux messages ont été reçus, mais d’autres peuvent encore venir accroître leur nombre. Ahed va entrer dans ses derniers mois d’incarcération, et il n’est pas exagéré d’écrire qu’elle mérite une vague supplémentaire de solidarité.



Adressez votre message à Ahed via www.freeahed.be

 

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