Photo : une partie du Conseil d'administration de Proximus (consultable sur www.proximus.com)

Voici les « job killers » qui tirent les ficelles à la tête de Proximus

Raoul Hedebouw (PTB) a réagi immédiatement à l’annonce d’un plan (anti) social annoncé chez Proximus : « Il est inacceptable. La digitalisation doit servir à soulager le travail, pas à en priver 2000 personnes. » Vu les bénéfices, on peut parler de licenciement boursier. Et les questions fusent sur le rôle des représentants politiques de l'État dans Proximus.

Un licenciement boursier

« Proximus va très bien et verse énormément de dividendes. En 2018, Proximus a distribué 487,7 millions € aux actionnaires », explique Raoul Hedebouw. « On est dans un cas de licenciement boursier » lié à la privatisation de l’entreprise.

Le rapport financier 2017 du Conseil d'administration de Proximus l'indique clairement : « Proximus a l’intention de verser un dividende stable de 1,50 EUR par action (dividende intérimaire de 0.50 EUR et ordinaire de 1,00 EUR) pour les années 2017, 2018 et 2019, pour autant que les performances financières soient en ligne avec le plan stratégique. »

On coupe dans l’emploi pour garantir ces dividendes

« On coupe dans l’emploi pour garantir ces dividendes, poursuit Raoul Hedebouw dans la Dernière Heure du 10 janvier. C’est la preuve de la faillite de ce système ultraconcurrentiel. On a un nivellement par le bas du service et de la qualité de l’emploi. La numérisation, c’est de moins en moins d’êtres humains au bout du fil. On nous avait promis que la libéralisation allait améliorer le service et on se retrouve dans des labyrinthes où l’on appuye sur 1, 2,3, etc. Pour in fine espérer avoir quelqu’un au bout du fil, dont on ne sait pas dans quel pays il se trouve. Tout cela au profit de qui ? De l’État, mais surtout des 47 % d’actionnaires privés. »

Proximus était auparavant une entreprise 100% publique. De sa privatisation en 1996 à son introduction en Bourse en 2004, les actionnaires ont engrangé 4,25 milliards d'euros en dividendes et plus-values. Cette privatisation a été un des dossiers emblématiques de la Commission européenne des années 1990, sous influence de la Table ronde des industriels européens (le principal lobby des plus grandes entreprises européennes sur les orientations de l'Union européenne). À noter : on retrouve dans ce dossier l'intervention du commissaire européen Étienne Davignon qui sera plus tard administrateur de la Sofina, le holding de la famille Boël, qui a fait partie des actionnaires privés qui vont se sucrer sur les dividendes et plus-values réalisés par Proximus.

Consolidation ?

En 21 ans, Proximus a supprimé 12.421 emplois.

En Belgique, c'est le ministre Di Rupo qui a (partiellement) privatisé l'entreprise en inventant le célèbre euphémisme de « consolidation stratégique ». « Une erreur historique du PS. Ce n’était pas une politique de gauche ... », réagit Raoul Hedebouw. Proximus est aujourd’hui une entreprise semi-publique qui se comporte comme n'importe quelle entreprise privée.

La conséquence immédiate de cette « consolidation stratégique » a été la chute vertigineuse de l'emploi dans l'entreprise. En 21 ans, Proximus a supprimé 12.421 emplois. « La privatisation de Belgacom, c'est 3 Renault Vilvorde », en déduit Raoul Hedebouw. En 1996, l'entreprise comprenant 25 600 travailleurs en 1996. Ils passeront à 18.500 en 2004 avant de progressivement arriver à 13.179 travailleurs.

Quel rôle ont joué les administrateurs de l'Etat ?

Les administrateurs « désignés par l'État » ont-ils consenti à ce plan de licenciement ?

Le PTB a réclamé l'audition des administrateurs de Proximus sensés représentés l'Etat belge. L’État est en effet l’actionnaire principal de Proximus. Il a à ce titre des relais politiques au CA. 

Les représentants de l’État belge sont notamment :

  1. Pour le CD&V : Stefaan De Clerck
  2. Pour l’Open Vld : Karel De Gucht
  3. Pour le PS : Martine Durez
  4. Pour le CD&V : Isabelle Santens
  5. Pour le MR : Laurent Levaux

Ces administrateurs « désignés par l'État » ont-ils consenti à ce plan de licenciement ? Et comme ils ont tous également une couleur politique, les partis traditionnels l'ont-ils également approuvé?

Pour Raoul Hedebouw, il paraît impossible que les différents partis traditionnels n'aient pas été au courant du contenu de ce plan.

Relation incestueuse privé-public

« Entre les mondes politique et économique, il y a une vraie relation incestueuse », note Raoul Hedebouw. La patronne de Proximus, Dominique Leroy, est également au CA de Ahold Delhaize, mais aussi chez Saint-Gobain qui, en France, est à la pointe en matière de casse sociale. Elle est aussi administratrice depuis 9 ans chez Lotus Bakeries, qui appartient à la 27e fortune belge. « Dominique Leroy avait des exigences au niveau de son salaire dont elle n’était pas contente : elle gagne 937 000€ par an... Ce sont des gens qui vivent dans un autre monde », poursuit le porte-parole du PTB.

Les dirigeants de Proximus ont tous des mandats dans des multinationales connues pour être des « job killers »

Elle n'est pas la seule. Des recherches effectuées par Geoffrey Geuens, professeur à l'ULiège, le montre : les représentants politiques de l’État sont aussi bien présents dans d’autres multinationales. Le président du CA de Proximus, Stefaan De Clerck, est certes un ancien ministre de la Justice et président du CD&V mais il est également membre du CA du Voka (l'organisation du patronat flamand dont on connait la vision ultralibérale). L'ex-ministre des Affaires étrangères et commissaire européen, Karel De Gucht (Open-VLD), fait aujourd'hui partie du CA d’ArcelorMittal. Martine Durez a été chef de cabinet d’Elio Di Rupo - elle a d'ailleurs été chargée de la privatisation de Belgacom lorsque ce dernier était ministre des Communications et des Entreprises publiques -, mais elle a également été présidente de Bpost. Laurent Levaux, étiqueté MR, est, entre autre, président d’Aviapartner, l'entreprise des bagagistes de l'aéroport national, qui a connu un conflit social important à l'automne dernier en raison des mauvaises conditions de travail imposées aux travailleurs.

« C’est une vraie passoire », réagit Raoul Hedebouw. Ces dirigeants de Proximus ont tous des mandats dans des multinationales connues pour être des « job killers » ou, à tout le moins, des exemples de l’exploitation des travailleurs et de la dégradation croissante de leurs conditions de travail (AviaPartner, Ahold Delhaize, ArcelorMittal…).

Pour le PTB, il faut mettre fin aux relations incestueuses des mondes politique et économique. C'est d'ailleurs pour cela que le PTB veut interdire aux politiques pendant 5 ans après la fin de leur mandat d’entrer au CA d’une banque ou d’une multinationale.

L’emploi doit passer avant le profit

Ce dossier est également emblématique de la politique en matière d’emploi de ce gouvernement. « Le gouvernement parle de ‘Jobs, jobs, jobs’, mais il est en train de détruire de l’emploi de qualité pour en faire des emplois plus précaires et flexibles », a réagi Raoul Hedebouw.

Les nouvelles technologies doivent servir à soulager les gens et à réduire le temps de travail 

« Il n’est pas normal que les nouvelles technologies servent à mettre des gens à la porte. Elles doivent servir à soulager les gens et à réduire le temps de travail : c’est le sens de l’histoire. Là, on presse les travailleurs comme des citrons. Ma boîte e-mail est en train d’exploser : je reçois des témoignages de travailleurs de Proximus qui ne savent pas comment ils vont bosser avec 2 000 personnes en moins. Ils sont déjà flexibles à mourir, dans la sous-traitance très poussée », note le porte-parole du PTB dans la Dernière Heure.

« L’emploi doit passer avant les profits, certainement dans une entreprise comme Proximus, où les pouvoir publics sont impliqués », poursuit Raoul Hedebouw. C’est la raison pour laquelle le PTB désire savoir la position prise par les représentants de l’actionnaire public au sein de l’entreprise.

Pour le PTB, c’est un nouvel épisode qui démontre la faillite de la politique des derniers gouvernements. « Voilà où mène la privatisation progressive des entreprises publiques, et la logique de les gérer comme des entreprises privées, déclare encore Raoul Hedebouw. La politique du "Jobs, jobs, jobs" révèle aussi ce qu’elle est réellement : des cadeaux aux grands actionnaires qui n’entraînent aucune perspective d’emplois durables. »

 

Ajouter un commentaire

You must have Javascript enabled to use this form.

Commentaires

J'ai toujours dit qu'un politicien devrait être interdit de participer de quelque manière que ce soit dans une entreprise qu'il soit rémunéré ou pas ! Voyez les conséquences chez Proximus ! Et encore pire dans ces intercommunales ou leur objectif est clairement d'être rémunéré. Pire, sachant que ces intercommunales sont tout sauf concurrentielles puisqu'elles se sont fabriquées un secteur d'activité dans lequel elles ont le monopole excluant tout concurrents de telle manière qu'elles dégagent de gros profits au profit des politiciens sur le dos des consommateurs. Suffit de regarder le coût exorbitant des factures d'eau, d'électricité, etc...et de déchiffrer. Ce n'est ni l'eau, ni l'électricité mais, le transport, l'infrastructure etc....qui dominent !!! Ce n'est pas normal, alors on dit que les communes en ont besoin et que c'est au bénéfice du citoyen. Il faut arrêter de nous prendre pour des cons et de nous rouler. Je suis persuadé qu'en assainissant ce milieu les coûts seraient de moitié, plus du tout de politiciens (mais de simples citoyens rémunérés au prix correct pour ce qu'ils font et pas un euro de plus, copinage fini, comptabilité serrée ! Bref il faudrait limiter drastiquement l'accès à l'argent, profits, avantages et interdire les liens, les copinages, les ouvertures et accès
C SCANDALEUX, une entreprise qui gagne des dizaines de millions d'euro par an qui licencie plus de 1250 personnes , tout cela pour permettre aux actionnaires de recevoir plus car ce qu'ELLE raconte comme Excuse c'est du cinéma, bien oui tout est bon à raconter meme quant cela va tres bien, honteux, honteux , honteux. tout prouve de plus en plus que c'est la finance et les banques qui dirigent l'économie et les entreprises , LE PATRON qui vire tant de monde dans une entreprise qui rapportes des millions d'euro doit etre viré AUSSI. Prié pour ELLE que justice DIVINE LUI soit rendue.......C4.................. comme dirait le premier,,, JOB JOB JOB ?
oui comme vous dit honteux et sandale , quand on vois les salaires des dirigent chez proximus on a tous compris , de cela il on encore osez d augmenter le prix des abonnent , rendez vous compte il fond des milliard de bénef et vont licencier , de plus soit disant M job job job savaait rien or que il possède 53% des part mon mais allez quoi s et du mon sens , vraiment s et du profit rien que cela , s et vomir seraitles gens je quite proximus , il existe d autre solution et bien moin cher et meme service
Dégoutant
cela ne date pas d aujourd hui tout ces copinage entre politique et patron j ai vecu un cas dans la meme lignee en 96 je negocie un convention lors d une restructuration dans la societe ou je travaillais le plus virulant sur mon plan de prepension le permanent fgtb comme par hasard je coutait trop chere et il y avait 100 millon dans les reserves
Bonjour, Raoul a 2000 fois raison(et le reste) ,dans l'extrait sur youtube ou il s'adresse à la chambre en présence du premier ministre,ce dernier à la mine du faux cul(comme s'il ne savait pas). Mais on encourage toujours la soit disant concurrence afin de diminuer les prix dans la téléphonie,internet et le câble de la télédistribution en faisant appel à un nouvel opérateur. Moralité:les prix n'ont pas diminués,bien au contraire(entente entre ces opérateurs),mais provoquant des sapes sur l'emploi afin d'être rentable et garantir les dividendes pour les actionnaires... Bravo Mr Hedebouw,vous avez entièrement raison,quant aux futurs 1200 emplois nouveaux faisant appel aux nouvelles technologies de la digitalisation,emploi au rabais,sous-traitance et flexibilité à outrance,tout cela afin de garantir ces fameux dividendes aux actionnaires. Et ce faux cul de Michel clamant haut et fort,il n'y a pas très longtemps,jobs,jobs,jobs... Moralité:que voit-on poindre à l'horizon...Les GILETS JAUNES,ces gens sans espoir et sans futur,qui malheureusement cassent les bonbons à d'autres futurs gilets jaunes qui tentent désespérément de travailler chez proximus(et d'autres)
DE QUI SE MOQUE T ON , l'état est majoritaire en actions de plus de 53p/c , donc c'est lui qui à le plus à dire pour décider , et pas la patronne déléguée qui pourrait recevoir son fin de contrat comme les 1950 travailleurs qu'elle met dehors , en fait les gens qui seront dehors devrais faire un référendum pour la virer aussi Quant une entreprise gagne des dizaines de millions d'euro , elle doit rester pied sur terre, Dans quel monde vit on? LES ACTIONNAIRE N EN ONT JAMAIS ASSEZ, et c'est les petits qui trinques. Br/C
Honteux ' merci à Raoul Hedebouw de nous informer et surtout de nous défendre au parlement tous sa doit prendre fin pendant ce temps là de plus en plus de la population belge sont ds la précarités
Il faut stopper ce génocide tueurs d'emploi dans les entreprises qui ramassent des dizaines de millions de bénéfices et que cela ne leur suffit plus car leurs actionnaires veulent toujours plus. Moi ou je travail, le directeur qui avait péter les plombs pour supprimer une masse de salariés , on l'a fait viré en se mettant en gréve jusqu 'a son départ et son remplacement,, l'autre a compris pour conserver son poste. L UNION FAIT LA FORCE , EN RESTANT UNI ILS NE PEUVENT RIEN FAIRE. sauf du bla bla bla et des discours pour endormir les gens, ils nous prennent vraiemant pour des pigeons ou des cons? Stop aux discours, les chiffres sont la, plus de 400 millions pours les actionnaires , sa suffit, IL FAUT AGIR. non non non , on veut GARDER NOS , JOBS JOBS JOBS. MAINTENANT IL FAUT LEUR FAIRE COMPRENDRE QUE SA SUFFIT, STOP STOP STOP¨.
POURQUOI la PRÉPENSION est l'impôt le plus équitable et le pacte le plus équilibré entre générations !!!!!!!! Actuellement comme (Proximus) les multinationales envoient le personnel trop vieux et trop chère au chômage (payé par le peuple) afin de recruter du citron neuf pas cher et malléable avec comme seul objectif toujours plus de bénéfices pour les actionnaires. ACTUELLEMENT. -Le chômage est payé par le peuple -Beaucoup de chômeurs = pression sur les salaires. -Les jeunes ont toutes les difficultés pour trouver un emploi, ils restent sur le carreau. -Petit contrat de M..... pour les jeunes avec salaire de M..... -Difficulté d'accès à la propriété -Augmentation des malades longues durées payés par le peuple. BREF LES MULTINATIONALES TIRENT TOUTES LES FICELLES ET LES BÉNÉFICES. AVEC PRÉPENSION -Les jeunes retrouvent l'accès à l'emploi -Les seniors peuvent enfin souffler et participer à l'économie, l'éducation des petits enfants, de leurs parents vieillissant (un tissu social recrée) -Le chômage ainsi gagné sert au payement de la prépension. -La différence entre le chômage et le salaire est compensé par les entreprises (ils payent enfin un impôt indirect et juste) ayant profité de ces mêmes personnes pour faire des profits pendants de nombreuses années -Le salaire des jeunes ne subissent plus la même pression. -L'accès à la propriété est facilité grâce à des contrats d'emplois stables. -Les maladies longues durées reprennent un niveau normale. BREF, C'EST UN DES SEULS MOYEN D'OBLIGER ENFIN LES GRANDES ENTREPRISES A PAYER CE QU'ILS DOIVENT A LA SOCIÉTÉ POUR LES BÉNÉFICES QU'ILS EN ONT TIRES
vous aavez pas encore compris , je licencie 1900 personnes et puis je réengage 1200 ben sur les 1200 proximus vas avoir une primes a chaque engagment donc 1200 fois la prime de chaque engager
j oublier ici en belgique il plus rien qui vas tous et pourris jusque l os , la belgique n et meme plus capable de construire quelque chose de valable tous tombe a la ruine meme plus un stade de foot valable , meme plus de ligne de chemin fer valable , meme les route son dans un état lamentable on fait du off rood par endroid , on licencie les gens comme pour rien , on avait des super belle entreprise caterpilare , la sidérurgie , la telephonie et du savoir faire et autre , et tous cela et parti a la ruine plus rien , tous cela conduit par l incompétence de nos ministre dirigent incapable pour vous dire la belgique deviend la riser du monde tous cela a cause de nos incapable de dirigent son meme pas fichu de faire quelque chose , si foutre notre argent dans leur poche sa il son premier , comme dirait raoul s et du profit pur mais quand on vois la somme d euro que gagne la directrice proximus 950000 euro il a de quoi etre malade meme chose pour le premier ministre qui s en fout plein les poche aussi 500000euro par ans et préfère laisser crever les gens a la rue s et honteux et on viendrais encore nous voler , son meme pas fichus de mettre l életriciter a 6% et d aider les gens dans la détresse mon prefere les faire travailler jusque leur dernier soufle , mon rien me vas plus en belgique , la belgique deviend une zone morte j en ai honte de voire ce quel et devenue notre belgique au lieu de revendre nos usine au étranger gardons les rendre meilleur , mesieur les dirigent arreter de foutre du frique dans votre poche et redonner vie e espoir a notre pays qui fut un temps un pays on on pouvait vivre bien et arreter vos chamaillerie a la com et vos bétise