photo Solidaire, Sophie Lerouge

Wallonie : encore une nouvelle taxe, la redevance TV toujours pas supprimée

Une nouvelle taxe, des coupes dangereuses pour le service public, des investissements mal ciblés et une absence de volonté politique pour aller chercher l’argent là où il est. Le PTB est inquiet des décisions du conclave budgétaire wallon.

Le gouvernement wallon était en conclave budgétaire ces quatre derniers jours. La presse avait annoncé vendredi matin la nouvelle que tout le monde attendait : l’enterrement de la redevance TV. Le PTB, en action ce matin-là pour déposer 24.000 pétitions récoltées aux quatre coins de la Wallonie, a voulu en avoir le cœur net. Une heure plus tard, le ministre du Budget annonçait que la suppression de la redevance TV n’était pas à l’ordre du jour du conclave budgétaire. Une douche froide pour beaucoup de Wallon-ne-s, qui attendent impatiemment qu’on fasse un sort à cette taxe asociale, illogique et injuste.
 
Mais alors, ils ont décidé quoi pendant ce conclave budgétaire ? A entendre Paul Magnette ce dimanche, on aurait cru à un catalogue de bonnes nouvelles : « pas de nouvelles taxes » et « miser sur l’investissement » étaient ses maîtres-mots. Mais aussi : « Oui, il y a des coupes, mais nous les concentrons sur l’administration, c’est dans l’intérêt de tous. » Une nouvelle fois, le gouvernement wallon fait le grand écart entre ses déclarations et la réalité. Démonstration en trois points.
 
1° Une nouvelle taxe de 50 euros par personne

D’abord, le gouvernement Magnette prétend qu’il n’y a pas de nouvelles taxes. « C’est faux. Le 22 juillet, le gouvernement wallon annonçait l’introduction d’une nouvelle taxe de 50 euros par personne pour financer l’assurance autonomie. Il s’agit d’un montant de 103 millions qui va être pompé forfaitairement dans le portefeuille des Wallons. C’est presque autant que le montant de la redevance TV, 116 millions, qui elle n’a toujours pas été supprimée », réagit Frédéric Gillot, député wallon du PTB.
 
2° Le service public sous pression
 
Ensuite, le gouvernement Magnette prétend que faire porter les efforts sur l’administration est dans l’intérêt de tous. « Dire que ça n’impactera pas le citoyen, c’est comme dire que les majorités précédentes ont gaspillé à tour de bras. Mais c’est un autre retour que j’ai des travailleurs du service public : sans moyens et sans personnel suffisant l’administration ne fonctionne pas dans l’intérêt des gens. Quand on voit la piètre qualité des transports en commun, le taux de burn-out au FOREM, la fraude à l’OWD, c’est dévastateur de prétendre que de nouvelles coupes seront sans conséquence pour la population », explique Frédéric Gillot.
 
3° Investir… pour d’autres scénarios Caterpillar ?
 
Enfin, le gouvernement Magnette se félicite de privilégier les investissements. « Bien sûr, il faut investir. Mais cela devient un mot vide de sens, si les investissements consistent en des cadeaux aux grandes entreprises sans contrepartie pour l’emploi », dénonce le député du parti de gauche. L’expérience Caterpillar aurait pu être le point de départ d’une nouvelle stratégie de développement économique. « Le gouvernement wallon a préféré l’interpréter comme la consécration du Plan Marshall, qui n’a pas fait ses preuves en termes de création d’emploi. C’est désolant », poursuit-il.
 
Les gesticulations du gouvernement wallon pour communiquer positivement aboutissent finalement à évacuer le débat essentiel en matière budgétaire : quels moyens se donne-t-il pour aller chercher l’argent là où il est ? Cela fait près de cinq ans que le PS et le cdH ont marqué leur accord pour la sixième réforme de l’État, qui leur donne la possibilité d’aller chercher des centimes additionnels chez les ménages les plus riches. Cinq ans après, pas un seul pas n’a été fait dans ce sens. C’est le débat que mèneront les députés PTB au parlement wallon ces prochaines semaines.