Cokerie de Seraing :: Le gouvernement doit prendre ses responsabilités et exproprier plutôt que de se lamenter

Photo Flickr/jepoirrier

« Avec l’annonce de cette fermeture, la Région wallonne doit prendre ses responsabilités au lieu de se lamenter », a déclaré Frédéric Gillot, député régional pour le PTB à l’annonce de la fermeture de la cokerie.

Le taux de chômage dans l’arrondissement de Liège est de 19 %. A Seraing, il est de 23 %. La fermeture de cet outil mettrait 250 familles en plus sur le carreau. « Cela ne peut plus durer, déclare le député du PTB, nous avons besoin de travail et d’usines pour faire vivre nos familles, car les larmes de crocodiles ne vont pas les nourrir ». Et le nouveau député de conclure : « la cokerie doit rester ».

De plus, pour le PTB, le maintien de la sidérurgie dans le bassin liégeois passe par le maintien de la cokerie. Si la cokerie ferme, il y aura encore beaucoup moins de raisons pour rallumer les hauts fourneaux. Et donc moins de chance d’assurer la viabilité des lignes du froid sur le moyen et le long terme.

Pour ces raisons, le PTB demande que le gouvernement prenne ses responsabilités. « Nous demandons à ce que le gouvernement procède à l’expropriation de la cokerie pour cause d’utilité publique et pour l’euro symbolique, précise Frédéric Gillot, c’est le dernier moyen de sauver les emplois ».

Et Frédéric Gillot de préciser que l’expropriation est déjà légalement possible et qu’il n’est pas nécessaire d’attendre un nouveau décret : « Selon un décret wallon du 6 mai 1988, le gouvernement wallon est autorisé à poursuivre l’expropriation des biens immeubles pour cause d’utilité publique pour l’exercice de ses compétences. Or, parmi les compétences de la Région wallonne, on retrouve notamment la politique économique. C’est donc parfaitement possible de faire cette expropriation pour cause d’utilité publique au niveau de la Région wallonne. »

Les expropriations devant se faire au prix de la « juste indemnisation », le gouvernement pourra exproprier la cokerie pour l’euro symbolique. « L’argent ainsi économisé pourra servir à investir dans des outils moins polluants et plus performants afin d’assurer la pérennité de la cokerie », conclut le député régional du PTB.

La balle est donc dans le camp du (futur) gouvernement.