Delhaize: 521 millions d'intérêts notionnels accumulés sur 6 ans pour son centre de coordination

Delhaize vient d’annoncer un plan de restructuration qui touchera près de 2500 travailleurs et leurs familles. La situation financière serait « difficile ». Pourtant, non seulement, le groupe Delhaize a continué à faire des bénéfices et a largement bénéficié des largesses fiscales belges. Dans un tableau réalisé par Marco Van Hees, spécialiste de la fiscalité au PTB et député fédéral, il apparaît en plus qu’en six ans, de 2007 à 20012, le centre de coordination du groupe Delhaize (branche financière, la « banque interne » en quelque sorte) a bénéficié de plus de 521 millions d’euros de ristournes fiscales par le système de déduction des intérêts notionnels.

Pour rappel, Delhaize Belgique continue à faire des bénéfices plus qu’appréciables – encore près de 190 millions d'euros de bénéfices de bénéfice d'exploitation pour Delhaize Belgique en 2013. En 2013, ses revenus ont dépassé les 5 milliards, soit une augmentation de 3 % par rapport à 2012.

En outre, le groupe Delhaize profite des largesses fiscales belges et occupe régulièrement les sommets du top 1000 des sociétés bénéficiant des plus grosses ristournes fiscales. Pour ne prendre que les derniers chiffres, en 2012, le groupe Delhaize a bénéficié d’une ristourne fiscale de près de 140 millions d’euros, pour atteindre un taux d’imposition de... 0,15 %.

Marco Van Hees, spécialiste de la fiscalité au PTB et député fédéral a également calculé la ristourne fiscale accordée à Delhaize Coordination Center. Il apparaît que le centre de coordination de Delhaize a bénéficié d’un taux d’imposition d’à peine 3,05% depuis 2004. Le gain résultant des intérêts notionnels est de 521.775.532 euros en 6 ans. Mais, selon la direction du groupe, le problème serait « le coût salarial »…

« Encore une raison de plus pour que nous demandions le remboursement immédiat des ristournes fiscales si Delhaize devait persister dans sa volonté de restructuration, insiste Raoul Hedebouw, député fédéral et porte-parole du PTB. Plus largement, nous réclamons une politique réellement protectrice de l’emploi. Il faut mettre un terme à cette politique des cadeaux fiscaux qui coûtent très cher à la collectivité, qui ne créent aucun emploi et qui servent avant tout à gonfler les bénéfices de grandes multinationales. »

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