Le PTB n’accepte pas que des manifestations soient taxées de « méthodes rexistes » par Willy Demeyer

Hier soir, lors de la réunion de chefs de groupe des partis présents au conseil communal à Liège, le bourgmestre Willy Demeyer a qualifié de « méthode rexiste » l’organisation de manifestations devant le conseil communal.

Raoul Hedebouw, conseiller communal PTB+ : « Comme démocrate et antifasciste de conviction, nous ne pouvons accepter ce genre de propos, mais surtout nous ne pouvons l’accepter venant d’un bourgmestre qui se dit socialiste ! » Et de continuer : « M. Demeyer devrait savoir que les mobilisations de travailleurs et de citoyens devant les parlements et conseils communaux sont une tradition du mouvement ouvrier en Belgique. Depuis plus de 150 ans, le mouvement ouvrier organise des manifestations pour établir un rapport de force vis-à-vis du monde politique. Qu’un haut dirigeant du parti socialiste ait oublié cela, en dit long sur ce qui reste d’idéologie ouvrière dans ce parti ! » Et de rajouter : « Ce type de qualificatif est une insulte à tous ces militants et citoyens de différents horizons qui se sont mobilisés lundi soir contre le traité budgétaire européen (TSCG). »

Retour sur les faits : lundi soir, traditionnelle réunion de chef de groupe des partis présents au conseil communal. Raoul Hedebouw y représentait le PTB en tant que chef de groupe. Le débat concernait l’organisation de la manifestation contre le TSCG (le traité européen de l’austérité) devant le conseil communal de Liège, manifestation co-organisée par de multiples associations dont la FGTB, la CSC, Attac, le PC, la LCR, le PSL... ainsi que les partis VEGA et PTB, présents au conseil communal. Le but de la manifestation était d’indiquer les conséquences désastreuses du traité d’austérité européen pour les finances communales. Cette mobilisation a aussi trouvé son relais dans l’introduction d’une interpellation citoyenne introduite par Dimitri Coutiez au nom de la plate forme « stop TSCG ». Ont également pris la parole lors de ce rassemblement Daniel Cornesse (CSC), Jean-François Ramquet (FGTB) et Christine Pagnoulle (Attac).

Raoul Hedebouw : « En faisant référence aux multiples manifestations que le PTB organise devant les conseils communaux de la région liégeoise, le bourgmestre Demeyer m’a mis en garde (je cite) “ces méthodes que vous utilisez me font penser aux méthodes du parti REX dans les années 30”. Et le bourgmestre de rajouter “qu’il avait des photos de la manifestation de REX devant le conseil communal de Liège qui montrerait le parallèle” et “qu’il allait les sortir”. »

Ce n’est pas la première fois que M. Demeyer utilise ce qualificatif à l’encontre du PTB. Il l’élargit aujourd’hui à d’autres. Raoul Hedebouw : « C’est la deuxième fois que M.Demeyer utilise ce qualificatif à l’égard des mobilisations lors d’un débat avec moi. La première fois c’était entre 4 yeux lors de l’entrée de nos conseillers communaux à la violette en décembre 2012. » Le bourgmestre de Liège redoutait que les conseils deviennent des lieux de mobilisations citoyennes comme ils le sont à Herstal et à Seraing depuis que le PTB y est représenté. Depuis l’entrée du PTB au conseil communal liégeois, le PTB a organisé diverses mobilisations citoyennes : le 28 janvier 2013 lors du débat sur l’avenir de la sidérurgie, le 29 avril 2013 avec les habitants du quartier Sainte-Marguerite mobilisés contre la fermeture de l’agence bancaire Fortis, le 24 juin 2013 avec le débat sur l’avenir du site de l’hôpital Saint-Joseph, et plus récemment le 30 septembre dernier contre l’introduction des conteneurs à puces à Liège.

La coopérative Vega, co-organisatrice de la manifestation contre le TSCG, à travers son représentant au conseil communal François Schreuer s’est également indignée de ces propos.

http://vega.coop/communiques/rexistes-vega-deplore-une-insulte.html

Le PTB s’indigne de ce type de parallélisme dans le débat politique en Belgique. Ces propos rejoignent ceux portées à l’époque par le ministre Marcourt qui, juste après la percée électorale du PTB aux élections communales de 2012, avait taxé le PTB de « parti non démocratique ».

Et Raoul Hedebouw de conclure : « Mais de quoi ont peur ces dirigeants du PS ? Du débat démocratique ? De la confrontation des idées ? Du fait que des citoyens s’intéressent à la chose publique ? Plutôt que de vouloir étouffer le débat, les responsables du Parti socialiste feraient mieux de se remettre en cause et de changer de cap politique. »

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