Le PTB réclame la gratuité immédiate de la médecine générale et des soins de première ligne

Une étude européenne à grande échelle révèle que près d’un Belge sur dix doit reporter une visite chez le médecin pour des raisons financières. Le PTB réagit.

Qualicop (Quality, Costs and Equity in Primary Care – Qualité, coûts et équité dans les soins de première ligne), la première étude de grande envergure sur la qualité, les coûts et l’accessibilité des soins de santé de première ligne en Europe situe la Belgique au 20e rang des 31 pays examinés. « La Belgique est l’un des rares pays où la visite du généraliste n’est pas gratuite », déclare Dirk Van Duppen, médecin généraliste et spécialiste des soins de santé pour le PTB. « Les conséquences sont graves : 8,6 % des Belges reportent leur visite chez le médecin pour des raisons financières. La riche Belgique fait donc un mauvais score. Seuls les pays les plus pauvres ou les pays en crise économique profonde, telles la Grèce, la Turquie, la Bulgarie ou la Roumanie, font pire encore. »

Des soins gratuits et de qualité pour tous

Dès leur naissance déjà, Médecine pour le Peuple et le PTB luttent pour la gratuité des soins de première ligne. Dans leurs maisons médicales, les médecins pour le peuple appliquent également ce principe depuis plus de quarante ans. « Dans les maisons médicales de Médecine pour le Peuple, nous soignons gratuitement 30 000 patients dans onze centres de santé multidisciplinaires », déclare le Dr Van Duppen, qui est également le président de Médecine pour le Peuple. Il confère la priorité aux soins de santé de première ligne. « C’est le médecin de famille qui connaît le mieux le patient. Il gère le dossier médical, il est la personne de confiance et il est le mieux placé, si nécessaire, pour renvoyer le patient chez un spécialiste, explique Dirk Van Duppen. Nous prônons la généralisation des centres de santé de proximité, selon le modèle de Médecine pour le Peuple, et fonctionnant selon un système forfaitaire. Nous voulons un centre de santé dans chaque quartier, avec des soins gratuits et de qualité. »

Peter Mertens, président du PTB, insiste sur le fait que les besoins sont très urgents : « Aujourd’hui, près d’un de nos compatriotes sur dix attend encore avant de se rendre chez le médecin, alors que cette visite est nécessaire. Cela fait beaucoup de monde. Il faut supprimer préventivement tous les éventuels seuils d’accès aux soins de santé de première ligne. » Le président du PTB avait également mis ce point à l’agenda politique en mai 2014, lors d’une émission de la VRT, « Het beloofde land » (La terre promise) (1). Vous pouvez redécouvrir ici un extrait de cette émission (en néerlandais).

Le système du tiers payant comme remède aux tracasseries administratives

Dirk Van Duppen se dit également partisan de l’introduction immédiate du système du tiers payant pour tout le monde. « De la sorte, le médecin perçoit directement auprès de la mutualité et le patient n’a pas à payer d’abord avant de devoir retourner à sa mutuelle pour récupérer une partie de ce qu’il a payé, comme c’est le cas actuellement. Le système du tiers payant réduit considérablement le surcroît de travail administratif, tant pour le médecin, pour les mutualités que pour le patient et il est possible de l’introduire tout de suite », ajoute Dirk Van Duppen. 

Beaucoup moins de coûts, grâce au modèle kiwi

Appliquer la gratuité de la médecine générale coûterait 250 millions d’euros à l’INAMI. Les Mutualités chrétiennes ont calculé récemment que la seule application du « modèle du verrouillage », une forme amendée du modèle kiwi, pouvait déjà rapporter ce montant sur les réducteurs de cholestérol. (1)

« En effet, la Belgique peut s’inspirer de l’expérience néo-zélandaise dans laquelle les autorités ont associé l’introduction du modèle kiwi pour les médicaments à la distribution d’incitatifs aux améliorations pratiques en médecine générale, comme a pu s’en rendre compte une commission sénatoriale belge lors d’une visite en Nouvelle-Zélande », explique encore le Dr Dirk Van Duppen.

La Belgique, dernière de la classe pour la collaboration dans les soins de première ligne

Une grande partie des économies dans le secteur des médicaments a été investie dans l’encouragement à la collaboration entre médecins généralistes, dans l’octroi d’un soutien logistique et dans le subventionnement de projets de qualité et de formations complémentaires. En Nouvelle-Zélande, en dix ans, cela a complètement modifié et amélioré non seulement le secteur des médicaments mais aussi tout le paysage de la médecine générale.(2) Cette collaboration plus efficace entre soins de première ligne, infirmier(e)s, kinésistes, dentistes, pharmaciens, travailleurs sociaux, etc. est d’une grande importance aussi pour notre pays. Car, de l’étude européenne citée plus haut, il ressort que, sur ce plan, la Belgique est la toute dernière de la classe, sur 31 pays examinés.

(1) Lisez le communiqué de presse complet avec l’appel de Peter Mertens, président du PTB, en faveur de la médecine gratuite (en néerlandais).

(2) Geneesmiddelen beleid 2020. Strategische nota en concrete voorstellen. Geneesmiddelencel, CM 26 mai 2014 (Politique des médicaments 2020. Note stratégique et propositions concrètes. Cellule médicaments).  http://www.cm.be/binaries/nota-geneesmiddelenbeleid_tcm375-140325.pdf

(3) Rapport du voyage d’étude d’une délégation de la Commission des Affaires sociales à Singapour et en Nouvelle-Zélande, du samedi 26 février au dimanche 6 mars 2005. Sénat de Belgique, 1er décembre 2005. 3 - 1325/1. p.26 et suivantes.