Pensions

En fin de carrière, beaucoup se sentent un peu, ou totalement, au bout du rouleau. Ce qui fait qu'aujourd'hui, plus de 100 000 personnes travaillent en 4/5e ou à mi-temps, dans l'espoir de pouvoir continuer à travailler jusqu'à leur pension. Mais cette possibilité, le gouvernement Michel vient de la supprimer…

Les patrons en rêvaient. Le gouvernement l'a mis en place cet été : un nouveau plan pour s'attaquer à nouveau à nos salaires, à nos conditions de travail, à la mise en concurrence des travailleurs. Comment y est-il arrivé ? En créant le mythe des métiers en pénurie. Décryptage d'une stratégie bien orchestrée.

Le nouveau « jobs deal » du gouvernement pousse les chômeurs dans la pauvreté, démantèle encore davantage la prépension et menace les conditions de travail et de salaire pour tous. Mais les fraudeurs fiscaux et les super-riches sont hors de danger. Un deal injuste et antisocial, donc...

L'accord budgétaire conclu hier soir par le gouvernement fédéral cible durement les chômeurs et les prépensionnés, mais laisse les super-riches hors de danger.

Avec ses projets de lois sur les «métiers pénibles», le ministre des Pensions Daniel Bacquelaine tente de monter les travailleurs les uns contre les autres. Mais, au fond, s’il faut travailler jusque 67 ans, tous les métiers sont pénibles. Pour le PTB, il faut changer de cadre. C’est pourquoi il mènera campagne cet été et à la rentrée pour soutenir le plan 65-60-55 initié par de nombreux acteurs syndicaux. 

La CGSP Cheminots a déposé un préavis de grève les 29 et 30 juin. Un coup de tonnerre dans un ciel bleu ? Pas vraiment. Les mesures de la direction et du gouvernement n’arrêtent pas de détériorer les conditions de travail. Sans compter les carrières rallongées pour des pensions plus basses. La colère gronde dans toute la SNCB, et plusieurs préavis ont été déposés. Pour le moment, seul celui de la CGSP est maintenu. La grève annoncée est un mouvement pour la sécurité des usagers et pour des trains à l'heure.

Si le mensonge et la tromperie étaient punissables, plusieurs parlementaires ou ministres libéraux auraient bien des problèmes avec la justice. La présidente des libéraux flamands de l'Open VLD, Gwendolyn Rutten, serait certainement même en prison. « Personne ne perdra rien de sa pension », avait-elle affirmé fin 2017 dans la presse. Et même : « Celui qui travaillera plus longtemps touchera plus de pension. » Rien n'est moins vrai.

On entend parfois dire que « cela ne sert à rien de se mobiliser car le gouvernement n’écoute de toutes façons pas ». Et c’est vrai qu’il préfère écouter les quelques voix de l’élite plutôt que celle des travailleurs. Par contre, il réagit face à la pression de la mobilisation venue d'en bas. Mais pour cela des conditions sont nécessaires.

Imaginez qu’un cambrioleur vole tous les téléviseurs de votre quartier, puis revient dire que, pour compenser, il propose à cinq d’entre vous une radio, que feriez-vous ? Vous battriez-vous entre voisins pour savoir qui a droit à une radio ? Ou vous en prendriez-vous au cambrioleur pour qu’il rende les téléviseurs ? Et bien c’est pareil pour nos pensions. Explications.

À l'approche de la manifestation pour les pensions du 16 mai dernier, le gouvernement a vu arriver à son secours le « Conseil académique des pensions ». Derrière ce nom qui inspire la confiance, l'indépendance et l'objectivité se cache une initiative du gouvernement lui-même. C'est en effet lui qui nomme chacun des membres du conseil, et qui fixe le cadre. Ce groupe a donc lancé sur son site Internet une offensive pour défendre le principe de la pension à points et inciter le gouvernement à en faire une réalité. Analyse.

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