Pensions

Le gouvernement fait mine de se disputer dans le dossier des métiers pénibles ou de la pension à points. Ces « disputes » cachent pourtant un plan de communication bien huilé des partis de la majorité. Leur but : nous empêcher de remettre en cause le fond de leur politique, nous imposer de travailler plus longtemps pour moins de pensions. Décryptage.

Les trois langues, les trois couleurs, tous les niveaux et fonctions de l’enseignement. Tous étaient présents le 14 mars au rassemblement national des syndicats de l’enseignement à Bruxelles. Pour la première fois depuis 1996, les syndicats francophones et flamands de l’enseignement ont organisé une manifestation commune. Les 500 délégués et permanents présents l'ont particulièrement apprécié.

Depuis l’automne 2017, des milliers de pensionistas descendent régulièrement dans les rues de toute l’Espagne. Le 22 février ont eu lieu les premières grandes actions de la « Coordination nationale pour le maintien du système public des pensions ». Dans plus de 80 villes et communes espagnoles, des dizaines de milliers de seniors luttent pour une pension décente. Et ce 17 mars, les deux plus grands syndicats organisent une journée d’action massive dans tout le pays. Mais quelle est la cause exacte de la colère des retraités espagnols ?

En Belgique, les femmes ont en moyenne 34 % de pension en moins que les hommes. Un chiffre consternant, constate Kim De Witte, spécialiste pension du PTB, dans une carte-blanche parue sur Knack.be que nous publions ci-dessous. Il explique qu’il est tout à fait possible de faire autrement, comme le prouvent des exemples à l’étranger.

« Deux-tiers des femmes n’auront jamais droit à une pension anticipée car elles n’ont pas la même carrière que les hommes », a rappelé Raoul Hedebouw au ministre des Pensions.

Révolte des grands-parents en Espagne. Grève dans les universités britanniques. Mécontentement en France et en Italie. Pensions de misère en Allemagne. Et, chez nous, métiers pénibles et pension à points. Une résistance se lève en Europe face à une régression sociale coordonnée au niveau européen.

« Quand il s’agit du vieillissement, on n’entend systématiquement qu’un seul son de cloche. On nous dit que l’horloge tourne et que c’est maintenant que nous devons agir », écrit Kim De Witte, spécialiste pension du PTB, qui démonte les arguments avancés pour justifier l’actuelle politique en matière de pensions.

Raoul Hedebouw était l'invité de « Matin Première » sur La Première. Le député et porte-parole du PTB s'est exprimé sur la réforme des pensions : « Le ministre Bacquelaine, lui, comme ministre, n'a aucun problème de pension.

Koen, un ancien chauffeur de bus, a travaillé chaque jour durant 41 ans. Il va perdre 141,30 euros de pension par mois. Firmin et Jean-Marie sont ouvriers. Ils ont commencé à travailler, le premier à 16 ans, le second à 18. Ils ont travaillé 42 ans, jour après jour, mais vont désormais perdre plus de 200 euros de pension par mois, et ce, jusqu'à la fin de leurs jours. 

Il y a quelques mois, quand nous lancions notre action www.pastoucheanospensions.be, le gouvernement était sûr de lui. Aujourd’hui, il temporise. Mais quand le gouvernement temporise, cela ne veut pas encore dire qu’il recule. Les salariés du secteur public qui étaient en action le 27 février l’ont bien compris. Pour faire reculer définitivement le gouvernement, il va falloir continuer à mettre la pression. Et bonne nouvelle : vous pouvez contribuer à faire bouger les choses.

Pages