Benjamin Pestieau

 

Ce 28 septembre, le PTB publiait une étude qui montre que, sous le gouvernement Michel, il y a eu un véritable transfert de la poche des travailleurs vers celle des profits. Ce 29 septembre, le MR tente d’y répondre, mais il s’emmêle un peu les pinceaux.

Saut d'index, flexi-jobs, loi salariale... le gouvernement Michel-De Wever a beaucoup fait pour couper dans nos salaires. Une technique payante pour les actionnaires, puisque, en quatre ans, 9 milliards d'euros ont été transférés des salaires vers les profits des entreprises. « Les richesses doivent revenir à celles et ceux qui les ont produites, réagit Raoul Hedebouw. Il est temps d'augmenter les salaires. »

Pieter Timmermans, le patron de l’association des (grandes) entreprises de Belgique (FEB) est comme un enfant gâté qui n’a plus de limite. Alors que les salaires belges réels sont parmi les seuls de l’Union européenne qui ont baissé ces dernières années et que les profits des entreprises n’ont jamais été aussi élevés, il en demande encore plus…

Avant les vacances, les syndicats avaient annoncé une journée d’action nationale pour les pensions le 2 octobre. Pendant les vacances, le gouvernement a pris dans notre dos de nouvelles mesures antisociales, sous le rutilant nom de « Jobs deal ». Résultat : nos avons au moins 6 bonnes raisons de lui promettre un été indien au niveau de la mobilisation sociale.

Le gouvernement cherche à rendre inoffensifs ceux et celles qui font entendre une voix de contestation. Comment ? En cassant le contre-pouvoir que représentent les syndicats et les mutuelles. Les partis de la majorité prévoient déjà une large attaque dans ce domaine après les prochaines élections. Mais il prépare dès aujourd’hui la bataille idéologique.

Les patrons en rêvaient. Le gouvernement l'a mis en place cet été : un nouveau plan pour s'attaquer à nouveau à nos salaires, à nos conditions de travail, à la mise en concurrence des travailleurs. Comment y est-il arrivé ? En créant le mythe des métiers en pénurie. Décryptage d'une stratégie bien orchestrée.

Bruno Verlaeckt, le président de la FGTB d'Anvers, a été condamné le vendredi 29 juin dernier comme organisateur d’une « entrave méchante à la circulation » lors de la grève générale du 24 juin 2016. La Ville d’Anvers, le tribunal correctionnel et le procureur ont voulu en faire une question de principe. Le mouvement social au sens large devra également en faire une question de principe pour ne pas faire reculer gravement les droits démocratiques.

Avec ses projets de lois sur les «métiers pénibles», le ministre des Pensions Daniel Bacquelaine tente de monter les travailleurs les uns contre les autres. Mais, au fond, s’il faut travailler jusque 67 ans, tous les métiers sont pénibles. Pour le PTB, il faut changer de cadre. C’est pourquoi il mènera campagne cet été et à la rentrée pour soutenir le plan 65-60-55 initié par de nombreux acteurs syndicaux. 

On entend parfois dire que « cela ne sert à rien de se mobiliser car le gouvernement n’écoute de toutes façons pas ». Et c’est vrai qu’il préfère écouter les quelques voix de l’élite plutôt que celle des travailleurs. Par contre, il réagit face à la pression de la mobilisation venue d'en bas. Mais pour cela des conditions sont nécessaires.

Imaginez qu’un cambrioleur vole tous les téléviseurs de votre quartier, puis revient dire que, pour compenser, il propose à cinq d’entre vous une radio, que feriez-vous ? Vous battriez-vous entre voisins pour savoir qui a droit à une radio ? Ou vous en prendriez-vous au cambrioleur pour qu’il rende les téléviseurs ? Et bien c’est pareil pour nos pensions. Explications.

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