Benjamin Pestieau

 

À l'approche de la manifestation pour les pensions du 16 mai dernier, le gouvernement a vu arriver à son secours le « Conseil académique des pensions ». Derrière ce nom qui inspire la confiance, l'indépendance et l'objectivité se cache une initiative du gouvernement lui-même. C'est en effet lui qui nomme chacun des membres du conseil, et qui fixe le cadre. Ce groupe a donc lancé sur son site Internet une offensive pour défendre le principe de la pension à points et inciter le gouvernement à en faire une réalité. Analyse.

« Avoir des listes avec 50 % des métiers qui sont pénibles, c’est impossible et c’est impayable. » C’est ce qu’a déclaré le spécialiste pension des libéraux flamand, Vincent Van Quickenborne. Il faut dire que les libéraux et la N-VA tentent de monter les travailleurs les uns contre les autres pour savoir qui a un métier pénible et qui pas. Mais au fond, s’il faut travailler jusque 67 ans, tous les métiers sont pénibles… à part peut-être le métier de ministre ou de député.

Le gouvernement veut introduire sa loi sur les « métiers pénibles ». Il essaie d’entraîner les syndicats dans son projet. Mais ça ne prend pas, tellement la supercherie du gouvernement est grande. Mais celui-ci s’obstine à ne pas entendre la colère qu’on exprimée 70 000 manifestants le 16 mai dernier.

En Belgique, les pensions légales sont très basses comparées à celles dans les pays voisins. Le service d'études du PTB a calculé cet écart des pensions dans une nouvelle étude. "L'écart des pensions avec les pays voisins va jusqu'à 50 %, explique Kim De Witte, le spécialiste des pensions du PTB. Et cet écart risque de se creuser encore davantage suite aux mesures du gouvernement Michel.”

« La pression au boulot est toujours plus forte et on veut en plus nous faire travailler plus longtemps ? Impossible ! », voilà un témoignage qui représentait bien l’état d’esprit des 70 000 femmes et hommes, salariés et salariées venus des quatre coins du pays contre les plans pension du gouvernement. Nous étions deux fois plus nombreux qu’en décembre dernier. Une vraie claque pour le gouvernement.

« Tous les métiers sont pénibles », entend-on souvent. Et à juste titre, puisque, partout, la pression de travail a fortement augmenté et que, pour presque tous les travailleurs, travailler jusqu'à 67 ans est infaisable – dans la grande distribution, les usines, le secteur des soins, l'enseignement, la logistique, les transports publics, etc. Or de nombreux salariés espèrent y échapper grâce à la reconnaissance comme métier pénible par le gouvernement. Avec cela, le gouvernement vise le diviser pour régner. Comment l'éviter ?

C’est une belle nouvelle qui est tombée ce 1er Mai. Après sept jours de mobilisation, les travailleurs et travailleuses de chez Lidl ont arraché une victoire contre la pression extrême au travail. Voici quelques éléments à retenir d’une grève qui a été exceptionnelle à plus d’un titre.

Quel est le point commun entre Zwijndrecht, Zonhoven, Gerpinnes, Genk, Middellkerke, Heist-op-den-Berg, Ans, Molenbeek… et plus de 100 autres communes à travers tout le pays ? Dans chacune d’elle, les salariées des magasins Lidl sont en grève. Une grève qui oppose des travailleuses et travailleurs qui veulent pouvoir un peu respirer au boulot à leur patron, la première fortune d'Allemagne.

Le rendez-vous est pris. Les organisation syndicales appellent à descendre massivement dans les rues de Bruxelles le 16 mai prochain. Objectif ? Défendre nos pensions contre les attaques du gouvernement. Cet appel à la mobilisation est la deuxième étape d'un plan qui a démarré par la distribution de plus d’un million de gazettes de sensibilisation.

« Bruno, ouvrier de nuit, devra travailler 3 ans de plus pour moins de pensions », telles sont les conséquences des plans du gouvernement pour les métiers pénibles, dénonce le spécialiste pension du PTB, Kim De Witte.

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