Benjamin Pestieau

 

Le gouvernement fait mine de se disputer dans le dossier des métiers pénibles ou de la pension à points. Ces « disputes » cachent pourtant un plan de communication bien huilé des partis de la majorité. Leur but : nous empêcher de remettre en cause le fond de leur politique, nous imposer de travailler plus longtemps pour moins de pensions. Décryptage.

De Liège à Bruges, en passant par Bruxelles, des milliers de travailleurs des services publics sont en action aujourd’hui. Après avoir repoussé la pension à 67 ans, le gouvernement continue de vouloir casser nos pensions. Mais ces réformes ne passent pas auprès de la population. La preuve encore aujourd’hui avec cette journée d’actions.

Les métallos allemands ont connu une semaine de lutte intense qui s’est ponctuée le 3 février par un accord social qui aura des répercussions pour toute l’Europe. Retour sur une semaine d’action où le patronat a eu peur des « drapeaux rouges dans les usines ». 

Le gouvernement et le ministre des Pensions voulaient aller vite. Avant la Noël, déposer un premier texte de sa fameuse « pension à points » - alias la « pension tombola ». Et avancer dans la suppression de tous les régimes de pension ou prépension permettant de s’arrêter de travailler à 55 ou 58 ans. La mobilisation sociale de novembre et décembre l’a poussé à temporiser. Mais temporiser n’est pas abandonner.

Une hausse salariale de 6 % et le droit à une semaine de 28h pendant deux ans sur la carrière : voilà ce que revendique le syndicat IG Metall, qui représente près de quatre millions de travailleurs en Allemagne. Le mouvement social lancé par le plus grand syndicat européen commence à faire très peur au patronat allemand. Et à ses voisins.

Le recul de l’âge de départ à la pension à 67 ans reste encore aujourd’hui en travers de la gorge de la majorité des Belges. « Ne vous inquiétez pas, rassuraient à l’époque les ministres. Ceux qui seront reconnus comme métiers pénibles pourront partir plus tôt. » De nombreux travailleurs comptent là-dessus. Seront-ils satisfaits ? Et nos ministres savent-ils seulement ce qu’est un métier pénible ?

Daniel Bacquelaine, le ministre des Pensions (MR), l’a encore rappelé ce lundi 15 janvier : il veut imposer cette année la « pension à points ». Malgré l’opposition répétée des organisations syndicales mais aussi d’autres associations…

Fin de l’année dernière, le ministre des Pensions a déposé un avant-projet de loi sur la reconnaissance de certains métiers comme étant « pénibles ». Dans son viseur : les travailleurs du public, mais aussi du privé. Décryptage.

Contre toute attente, ils étaient 40 000 personnes, venus des quatre coins du pays, dans les rues de Bruxelles pour défendre le droit à la pension. Un succès qui a rassemblé des travailleurs de tous les secteurs et qui a été organisé en à peine deux semaines, à la veille des vacances, quand de nombreux travailleurs sont déjà en congé.

Connaissez-vous ce sentiment désagréable de finir la soirée avec les poches vides et un ticket perdant de tombola en main ? Et si on vous disait que le gouvernement voulait instaurer ça pour nos pensions ? Cela porte même un nom : la pension à points. Voici tout ce que vous devez savoir à son sujet.

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