​Alice Bernard

 

Plus de 7000 personnes se sont rassemblées à l'appel de la FGTB à Bruxelles, Liège et Charleroi. En cause, les nouvelles attaques du gouvernement contre la semaine des 38 heures et la pension. Une grande manifestation nationale fin mai est annoncée. Et demain, c'est au tour de la CSC de se mobiliser.

Des semaines de 45 heures et des journées de 9, voire 11 heures ; les heures supplémentaires facilitées, tout comme le travail en soirée, nuit et le week-end ; des horaires connus 24 heures à l’avance ; l’intérim comme seule perspective de carrière... Si la réforme du ministre de l’Emploi, Kris Peeters (CD&V), passe, le quotidien de tous les travailleurs va être bouleversé. Décryptage, avec des témoignages de celles et ceux qui vivent déjà ces mauvaises conditions de travail que Peeters veut généraliser.

The latest blueprint for reform presented by Minister of Employment Peeters is in line with a global offensive on labour led by the European Union. The purpose is to reduce labour costs by lengthening working hours, cutting wages and increasing flexibility. After his attacks on wage indexation, pensions and sick pay, the Minister is now attacking the working-time regulations. What are the measures that are the straw that broke the camel's back, have re-launched social resistance in Belgium and echo the ongoing mobilization in France against, among other things, the reform of the labour code?

El último proyecto de reforma de Peeters, el ministro de Empleo, forma parte de una ofensiva global de la Unión Europea en materia laboral. El objetivo es reducir los costos de la mano de obra a través de la prolongación de la jornada de trabajo, de la reducción de los salarios y del aumento de la flexibilidad. Tras los ataques contra la indexación de los salarios –( la vinculación existente en Bélgica de los salarios al precio de una serie de insumos) , ataque a las pensiones y a las personas enfermas. El Ministro ataca esta vez la regulación del tiempo de trabajo. ¿En qué consisten estas medidas que están desbordando el vaso y reactivando la resistencia social en Bélgica, como un eco de las protestas actuales en Francia contra la reforma del Código de Trabajo? 

L’annualisation du temps de travail signe-t-elle l’arrêt de mort de la semaine des 38 heures ? On pourra travailler jusqu’à 45 heures. « 48 heures », renchérit le libéral Alexander De Croo. « 50 heures », peut-on lire dans la presse. C’est la surenchère pour la « semaine de travail élastique », néfaste pour notre vie familiale, notre santé et notre portefeuille.

« - Chérie, tu termines à 14h vendredi ? Tu peux aller chercher les enfants ? - T’es fou, on est mardi, je ne sais pas encore si je travaille vendredi. » Voilà le genre de galère qui risque d’arriver avec la réforme du ministre Peeters pour les travailleurs à temps partiel (baptisé « contrat zéro heure »). Pour le PTB, il est temps d’aller à contre-courant en instaurant le semaine des 30 h.

Le ministre de l’Emploi Kris Peeters (CD&V) lance, au nom du gouvernement, une table ronde sur l’emploi. « Pour permettre au travailleur d’aménager son temps de travail, donner plus d’autonomie au salarié sur ses horaires, sa fin de carrière, etc. ». Il appelle ça le « travail sur mesure ».

Depuis plus de 7 mois, la résistance sociale met la pression sur le gouvernement. Un mouvement sans précédent. Pourtant, depuis le début, il semble que certaines voix qui affirment s‘opposer aux mesures du gouvernement soient plus préoccupées par le résultat des élections de 2019 que par la nécessité de le faire reculer aujourd’hui.