Emploi - Travail

Vous vous souvenez de la Loi Peeters ? Mais si, cette réforme du travail que le ministre de l’Emploi a tenté de faire passer durant l’été - et grâce à laquelle il voulait mettre fin à la semaine de 38 heures. Le projet de loi a été approuvé en octobre, mais le mouvement social a réussi à empêcher plusieurs mesures d’y figurer. Cela dit, ce qui reste du texte est toujours inacceptable. Ça tombe bien, car l’histoire n’est pas finie.

Ce vendredi 7 octobre, des grèves et actions ont été menées en front commun syndical dans tout le pays. Le mouvement a touché autant les entreprises privées que les services publics. De quoi envoyer un avertissement clair au gouvernement, qui doit trouver de quoi boucler son budget : l’argent, c’est au Bahamas qu’il se trouve, chez les millionnaires, et pas question d'encore le prendre dans la poche des travailleurs.

Le 6 octobre, à la Chambre, Marco Van Hees n’a pas mâché ses mots face à Charles Michel et à la politique du gouvernement face aux licenciements dans le secteur financier. « Derrière la digitalisation, il y a un enjeu qui apparaît : le partage du temps de travail. Pour ING, par exemple, passer de 35 heures à 30 heures par semaine permettrait de sauver 1000 emplois. Mais non, vous, votre solution, c’est de nouveaux cadeaux aux distributeurs de C4. »

Pour répondre à la digitalisation, le PTB estime que le débat sur le partage du travail doit être lancé au plus vite. « L'introduction d'une semaine de 30 heures pourrait déjà immédiatement sauver 1 000 emplois chez ING », explique le président du PTB, Peter Mertens.

Depuis la mi-septembre, on assiste à d’incessants licenciements massifs et fermetures d’entreprises. Caterpillar, AXA, Douwe Egberts… On le voit : les cadeaux aux grandes entreprises ne créent pas de « jobs, jobs, jobs », bien au contraire.

Le secrétaire d’État en charge de la lutte contre la fraude sociale, Philippe De Backer (Open VLD), serait sur le point d’annoncer le démantèlement de l’Inspection sociale. Le PTB partage l’inquiétude qui règne chez l’ensemble des acteurs du secteur – magistrats, inspecteurs, syndicalistes… – depuis l’annonce de cette intention. Pour le PTB, un tel démantèlement équivaudrait à laisser carte blanche à la fraude et au dumping social.

Pour la première fois, Raoul Hedebouw ne savait plus quoi rajouter suite à toutes les interventions qu’il avait entendues au meeting de solidarité avec les travailleurs de Caterpillar et de toutes les entreprises qui sont soumises à de lourdes restructurations. Des interventions fortement applaudies par le public présent.  

Caterpillar, Axa, IBM, ... Les annonces de fermetures, de licenciements massifs s’accumulent ces derniers jours. La prétendue politique de « jobs, jobs, jobs » du gouvernement s'avère totalement inefficace face à des actionnaires avides de dividendes. Un changement de cap s'impose.

Le combat contre la fermeture de Caterpillar n'a même pas commencé que la plupart des politiciens parlent déjà comme si c’était un fait accompli. Ce qui faisait dire au député PTB Raoul Hedebouw : « Si l'union sacrée dont on parle consiste à accepter la fermeture, le PTB n'en fera pas partie. »

« Le drame de Caterpillar ne doit absolument pas être utilisé pour intensifier encore davantage la concurrence fiscale, écrit Peter Mertens, le président du PTB dans une opinion parue sur Levif.be. C’est presque pavlovien : à chaque fois, le gouvernement profite du moindre drame économique pour relancer la concurrence fiscale. Au lieu de laisser partir tout cet argent, nous avons besoin du mouvement inverse : des investissements. »

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