« Charles Michel, votre opération de com’ ne fonctionne pas »

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Raoul Hedebouw (PTB) a « moyennement apprécié l’opération de communication » du gouvernement lors de la présentation de sa déclaration gouvernementale. « Arrêtez de faire croire aux gens le contraire de ce que vous faites! Que vous aidez les allocataires sociaux alors que vous allez chercher 7 milliards dans la poche des gens en coupant dans les dépenses sociales et les services publics. Arrêtez de dire que vous allez revaloriser les salaires et que vous allez les aider alors que vous votez un saut d'index. Assumez votre politique anti-sociale. » Découvrez son intervention en vidéo.

En réaction à la déclaration de gouvernement du premier Charles Michel, le député et porte-parole national du PTB n’a pas gardé sa langue en poche. Extraits.

Sur le lien entre les cadeaux aux grandes multinationales et l’emploi

« Coca-Cola a supprimé hier 122 emplois sur 434, soit 25 % au total. Et combien d’impôts la société Coca-Cola a-t-elle payés en Belgique sur les bénéfices réalisés ? Coca-Cola Belgium a payé 8,8 millions d’euros d’impôts sur un bénéfice de 111 millions d’euros, soit un taux d’imposition de 7,9 %. On est largement au-dessous des 34 % que toute entreprise devrait légalement payer en Belgique. On se dit que c'est un formidable exemple d'entreprise à laquelle on a donné plein de cadeaux! J'ai entendu toute la journée qu'en faisant des cadeaux aux entreprises, elles allaient créer de l'emploi. Comment expliquez-vous qu'hier une entreprise à laquelle vous avez donné plein de blé n'embauche pas? Et cette même société va encore recevoir des cadeaux avec la diminution des cotisations patronales que vous venez de décider. Ce cas démontre par A + B qu'il n'existe aucun lien entre ces cadeaux et la création d'emplois. » 

Sur les cadeaux aux plus riches

« Notre bureau d'études a essayé de voir quelle influence pouvait exercer la politique du MR et tutti quanti sur les citoyens. Nous avons ainsi pris comme modèle M. de Spoelberch, vicomte de son état, marié, sans enfant à charge, vu son âge avancé. Nous avons étudié son patrimoine, qui est estimé à 42 milliards d'euros. Que va-t-il perdre ou gagner avec les nouvelles mesures du gouvernement? Dans la colonne des gains, nous avons la réduction des charges sociales sur les 2 800 travailleurs d'AB InBev. Nous sommes plus ou moins à 4 562 353 euros de cadeaux.  Ensuite, le maintien des intérêts notionnels et des plus-values exonérées est estimé par nos services à 569 063 574 euros. Cela, c'est pour ce qu'il gagne. Je vous le concède, il perd aussi avec vos mesures. Avec l'impact de la hausse de la TVA et des accises, avec les kilomètres qu'il parcourt avec une voiture diesel, en arrondissant à l'échelle supérieure pour être un peu objectif, on aboutit à 1 500 euros de perte. On arrive donc à un cadeau total pour M. de Spoelberch à plus ou moins 573 624 427 euros sur base annuelle. Je n'en ai pris qu'une, j'aurais pu prendre beaucoup d'autres grandes fortunes belges. »

Sur la spirale négative crée par la concurrence entre les différents pays

« Lorsque vous dites diminuer les cotisations sociales à 25 %, que sont-ils occupés à faire en France, en Hollande et en Allemagne? Ils tiennent exactement les mêmes discours que vous, exactement ce même discours d'une concurrence vers le bas. Qu'est-ce qui pourra empêcher Mme Merkel de proposer 24 %? Qu'est-ce qui empêchera M. Hollande de proposer 23 %? Qu'est-ce qui empêchera les Pays-Bas, pour certains boulots, d'aller vers 20 %? Ce sont pourtant les plus grands concurrents autour de nous, pour lesquels nous diminuons les cotisations afin d'arracher des parts de marché. »

Sur le climat

« Vous nous avez annoncé que vous étiez ambitieux pour le sommet climatique qui va se dérouler à Paris et qu'il fallait prendre des mesures énergiques pour le climat. L'argument qui nous a fait rire hier, c'était que la mesure pour respecter les diminutions de CO2 consistait à décourager les gens de rouler au diesel et les encourager à rouler à l'essence. Étiez-vous au courant que, quand on brûle de l'essence dans un moteur, cela produit aussi du CO2? Si vous allez à Paris et que vous leur dites que vous allez encourager la consommation d'essence, ils vont se dire qu'il y a un problème. Monsieur le premier ministre, les mesures prises aujourd'hui en matière de climat ne sont vraiment pas à la hauteur. Nous voudrions évidemment que vous soyez beaucoup plus volontariste. Pour cela, il faut une transition énergétique radicale, il faut pouvoir investir de manière planifiée en matière énergétique. 

Nous ne pouvons plus laisser aux mains du libre marché la question de l'énergie. Nous ne pouvons plus laisser aux mains du libre marché la question de l'énergie. Les autres secteurs économiques ont encore de la marge, mais en matière d'énergie, il y a urgence. Seule une volonté collective à travers les investissements d'État et les investissements coopératifs permettra de faire cette transition énergétique. Jamais nous ne pourrons le faire avec Electrabel et Cie. Il faut intervenir dans le marché. Tant que nous resterons dans ce dogme de croire qu'avec des subsides on va obliger les entreprises énergétiques, qu'elles soient multinationales, européennes ou américaines, à investir dans l'énergie propre, on se mettra le doigt dans l'œil. » 

Sur la guerre et la crise des réfugiés

« J'ai lu dans votre déclaration que vous ne refermiez pas l'option d'intervenir militairement en Syrie. Je voudrais ici témoigner de mon désaccord avec ce type de politiques. Elles sont exactement la cause de la déstabilisation dans la région.

Nous devons aujourd'hui dresser le bilan de nos interventions en Afghanistan et en Libye, dresser le bilan de l'intervention américaine en 2003 en Irak car elle a rasé toute forme d'État en Irak et à Bagdad. Contrairement à ce que M. Francken affirme, c'est une des causes de la situation actuelle et de la dangerosité de la vie dans cette ville. Elle a été reconnue comme étant une des villes les plus dangereuses au monde parce qu'il n'y a plus d'État. La guerre civile est omniprésente sur ce territoire. »

Sur l’importance de la mobilisation sociale

« Je vais clôturer, monsieur le premier ministre, en relayant cet incroyable rapport de force qui était présent, encore la semaine passée, dans les rues de Bruxelles. Vous avez eu l'honneur d'avoir sous votre nez, cette dernière année, les deux plus grandes manifestations que notre pays a connues depuis les années 80. 100 000 personnes. Et celle de l'année passée: 120 000 personnes. C'est bien la démonstration que la colère des gens mais aussi la mobilisation des gens n'ont pas fini. Aujourd'hui, ce combat va continuer à une seule différence près par rapport à l'année passée : le mouvement social a tiré comme leçon que ces partis soit disant sociaux dans le gouvernement, qui ont fait miroiter qu'il y aurait un impôt sur la fortune en échange d'une paix sociale, ont trompé le mouvement social. C'est cette maturité que j'ai sentie à Bruxelles, la maturité d'un mouvement social qui dit: "Vous n'allez pas nous prendre une deuxième fois au piège. Vous n'allez pas nous faire croire, aujourd'hui encore une fois, qu'à travers quelques aménagements on va arrêter". C'est la raison pour laquelle nous ferons tout, en tant que PTB, pour continuer la mobilisation sociale. Nous commencerons par des manifestations, à l'invitation du PTB, le 15 novembre dans les rues de Bruxelles pour continuer le combat contre votre gouvernement. »

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Commentaires

premier bouffon et premier menteur j ai 1.100 euros de pension ou est mon augmentation ? payer +de taxe + d accisses + de tva pauvre traître